Le programme
Pour la quatrième année consécutive, La Déferlante est partenaire du festival du film féministe des Lilas.
Lors de cette édition, Sarah Benichou animera la rencontre en marge de la projection du film Mémoire de fille, le 7 octobre à 20h au Théâtre du Garde chasse.
Nous vous donnons également rendez-vous le 10 octobre à 18h au même endroit pour la table ronde : La mémoire féministe est un champ de bataille
Qu’a‑t-elle transmis, perdu, simplifié ? Que devons-nous aller, aujourd’hui, rechercher dans les livres, les films, les archives et les récits minoritaires pour construire nos mobilisations ? Ces trous de mémoire disent les limites du mouvement, mais les explorer permet aussi de reconstituer des lignées et de retrouver des victoires arrachées par nos prédécesseuses ou des expérimentations politiques dont nous pourrions encore avoir besoin.
Pourquoi certains combats — pour l’IVG, par exemple — ont-ils été transmis au prix d’un récit simplifié ? Pourquoi l’héritage et les débats du mouvement contre le viol des années 1970 a‑t-il si peu circulé dans les mémoires militantes de la gauche et du mouvement social ? Pourquoi les conflits autour du racisme et du colonialisme sont-ils régulièrement présentés comme des surgissements récents, alors qu’ils traversent depuis si longtemps les féminismes français ? Enfin, pourquoi les luttes des femmes noires, arabes, trans ou lesbiennes restent-elles aux marges de la mémoire commune du féminisme ?
Avec l’écrivaine et dramaturge Gerty Dambury, nous déplacerons le centre de gravité habituel du récit, en interrogeant la marginalisation des histoires de femmes non blanches alors qu’elles posent depuis longtemps des questions fondamentales sur l’État, la famille, le travail, les dispositifs sociaux des violences de genre et la prégnance du colonialisme au sein de la gauche.
Avec la cinéaste Blandine Lenoir, nous nous demanderons comment le 7e art peut contribuer à la transmission de la mémoire des luttes féministes. En 2023, elle réalisait Annie Colère, un film de fiction inspiré de l’histoire des groupes MLAC dans les années 1970. Pour écrire le scénario, elle s’est notamment inspirée de la thèse soutenue en 2017 par l’historienne Lucie Ruault : Le spéculum, la canule et le miroir. Les MLAC et mobilisations de santé des femmes, entre appropriation féministe et propriété médicale de l’avortement (France, 1972–1984).
Enfin, avec Suzette Robichon, nous reviendrons à la matérialité des traces et l’enjeu de l’archive : des luttes nécessaires à sa constitution en passant par sa conservation et sa valorisation. Militante féministe Suzette Robichon a consacré une grande partie de sa vie à la mise en lumière des voix lesbiennes. A travers l’édition de journaux tels que Quand les femmes s’aiment, Vlasta ou encore Lesbia magazine… Proche de l’écrivaine lebienne Monique Wittig, dont elle a édité et contribué à diffuser l’œuvre, elle est aujourd’hui coprésidente de l’association des Ami·es de Monique Wittig. Suzette œuvre à la collecte, la conservation et à la transmission des mémoires lesbiennes aux côtés des Archives Recherches Cultures Lesbiennes et du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, et à rendre visibles les trajectoires de femmes persécutées ou déportées par le IIIè Reich et les régimes collaborationnistes. Elle est également cofondatrice et présidente du fonds Lesbiennes d’Intérêt Général.
Une rencontre animée par Sarah Benichou. Journaliste indépendante, elle enquête sur l’extrême droite, les violences d’Etat, le colonialisme, le racisme et les expériences juives. Elle est membre du collectif Youpress, du comité éditorial de la revue féministe La Déferlante et de l’Association des journalistes antiracistes et racisé·es (AJAR).
