Féminismes : le champ de bataille de la mémoire
Festival du film féministe des Lilas 2026

Le programme

Pour la quatrième année consé­cu­tive, La Déferlante est par­te­naire du festival du film féministe des Lilas.

Lors de cette édition, Sarah Benichou animera la rencontre en marge de la pro­jec­tion du film Mémoire de fille, le 7 octobre à 20h au Théâtre du Garde chasse.

Nous vous donnons également rendez-vous le 10 octobre à 18h au même endroit pour la table ronde : La mémoire féministe est un champ de bataille

Qu’a‑t-elle transmis, perdu, simplifié ? Que devons-nous aller, aujourd’­hui, recher­cher dans les livres, les films, les archives et les récits mino­ri­taires pour construire nos mobi­li­sa­tions ? Ces trous de mémoire disent les limites du mouvement, mais les explorer permet aussi de recons­ti­tuer des lignées et de retrouver des victoires arrachées par nos pré­dé­ces­seuses ou des expé­ri­men­ta­tions poli­tiques dont nous pourrions encore avoir besoin.

Pourquoi certains combats — pour l’IVG, par exemple — ont-ils été transmis au prix d’un récit simplifié ? Pourquoi l’hé­ri­tage et les débats du mouvement contre le viol des années 1970 a‑t-il si peu circulé dans les mémoires mili­tantes de la gauche et du mouvement social ? Pourquoi les conflits autour du racisme et du colo­nia­lisme sont-ils régu­liè­re­ment présentés comme des sur­gis­se­ments récents, alors qu’ils tra­versent depuis si longtemps les fémi­nismes français ? Enfin, pourquoi les luttes des femmes noires, arabes, trans ou les­biennes restent-elles aux marges de la mémoire commune du féminisme ?

Avec l’écrivaine et dra­ma­turge Gerty Dambury, nous dépla­ce­rons le centre de gravité habituel du récit, en inter­ro­geant la mar­gi­na­li­sa­tion des histoires de femmes non blanches alors qu’elles posent depuis longtemps des questions fon­da­men­tales sur l’État, la famille, le travail, les dis­po­si­tifs sociaux des violences de genre et la prégnance du colo­nia­lisme au sein de la gauche.

Avec la cinéaste Blandine Lenoir, nous nous deman­de­rons comment le 7e art peut contri­buer à la trans­mis­sion de la mémoire des luttes fémi­nistes. En 2023, elle réalisait Annie Colère, un film de fiction inspiré de l’his­toire des groupes MLAC dans les années 1970. Pour écrire le scénario, elle s’est notamment inspirée de la thèse soutenue en 2017 par l’his­to­rienne Lucie Ruault : Le spéculum, la canule et le miroir. Les MLAC et mobi­li­sa­tions de santé des femmes, entre appro­pria­tion féministe et propriété médicale de l’avortement (France, 1972–1984).

Enfin, avec Suzette Robichon, nous revien­drons à la maté­ria­li­té des traces et l’enjeu de l’archive : des luttes néces­saires à sa consti­tu­tion en passant par sa conser­va­tion et sa valo­ri­sa­tion. Militante féministe Suzette Robichon a consacré une grande partie de sa vie à la mise en lumière des voix les­biennes. A travers l’édition de journaux tels que Quand les femmes s’aiment, Vlasta ou encore Lesbia magazine… Proche de l’é­cri­vaine lebienne Monique Wittig, dont elle a édité et contribué à diffuser l’œuvre, elle est aujourd’hui copré­si­dente de l’association des Ami·es de Monique Wittig. Suzette œuvre à la collecte, la conser­va­tion et à la trans­mis­sion des mémoires les­biennes aux côtés des Archives Recherches Cultures Lesbiennes et du Centre audio­vi­suel Simone de Beauvoir, et à rendre visibles les tra­jec­toires de femmes per­sé­cu­tées ou déportées par le IIIè Reich et les régimes col­la­bo­ra­tion­nistes. Elle est également cofon­da­trice et pré­si­dente du fonds Lesbiennes d’Intérêt Général.

Une rencontre animée par Sarah Benichou. Journaliste indé­pen­dante, elle enquête sur l’extrême droite, les violences d’Etat, le colo­nia­lisme, le racisme et les expé­riences juives. Elle est membre du collectif Youpress, du comité éditorial de la revue féministe La Déferlante et de l’Association des jour­na­listes anti­ra­cistes et racisé·es (AJAR).

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