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Un an de violences dans le périscolaire
Mardi 26 mai, David G., un ancien animateur de l’école maternelle Alphonse-Baudin (Paris, 11e) était jugé pour agression sexuelle sur neuf enfants, harcèlement sexuel sur deux collègues et agression sexuelle sur l’une d’entre elles. Le parquet a requis contre lui trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique.
Cette affaire est une de celles qui, il y a un peu plus d’un an, lançaient le « scandale du périscolaire ». Depuis, 78 animateurs – principalement des hommes – ont été suspendus par la ville de Paris ; 31 pour violences sexuelles.
Cette longue série d’affaires qui touche particulièrement – mais pas uniquement – les écoles parisiennes est un nouveau révélateur de la violence systémique exercée par les adultes sur les enfants. Elle prend également racine dans les conditions de travail très précaires auxquelles ces professionnels peu ou pas formés sont soumis. Rendu possible par une longue série de décisions politiques autant que par la banalisation des violences dites « éducatives », ce scandale doit nous interpeller en tant que féministes.
👉🏻 Pour mieux en comprendre les enjeux, nous vous proposons dans cette newsletter une série de recommandations à lire ou à écouter.
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Revue de presse
Un Me Too Enfants
La journaliste Mathilde Mathieu qui suit, depuis un an, le scandale des violences dans le périscolaire pour Mediapart interroge dans cette chronique les défaillances graves, au sein des municipalités, qui ont permis aux violences contre les enfants de perdurer. Parlant d’un crime de « lèse-enfance », elle rappelle que « vingt ans après le fiasco judiciaire d’Outreau, certains spécialistes [dont le psychiatre et anthropologue Daniel Delanoë] suggèrent […] de parler d’un #MeTooEnfants ».
🐻 À retrouver sur le site de Mediapart
Le courage des enfants
Dans un article très émouvant publié au début de mai, Mediapart raconte comment plusieurs filles de CM2 se sont spontanément mobilisées pour faire cesser le harcèlement et les violences sexuelles d’un animateur de leur école. L’homme a été jugé le 5 mai à Paris. Le parquet a requis dix-huit mois de prison avec sursis.
💔 Un article à lire également dans Mediapart
Responsabilité politique
Dans une lettre publiée en début de semaine, Catherine Tricot, directrice de la publication de Politis et directrice du magazine Regards, revient sur les responsabilités de la Ville de Paris, « riche et arrogante », qui a « promis monts et merveilles » aux familles dans le cadre de la réforme du temps scolaire en 2013, puis, par la suite, tardé à entendre les alertes. Plus largement, elle fustige le cloisonnement entre services municipaux et Éducation nationale, ce qui a retardé la prise en compte des violences, au détriment des enfants.
🏛️ Une lettre à retrouver dans Regards
Peu formés, mal payés
À l’occasion du mouvement de grève qui a eu lieu au mois de mai dans le périscolaire parisien, Le Monde a donné la parole aux animateurs et aux animatrices. Préoccupé⋅es par les nombreuses suspensions pour soupçon de violences ces derniers mois, tous et toutes évoquent les conditions précaires dans lesquelles leur métier est exercé.
🖇️ Un article à retrouver dans Le Monde
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On lit
Les rois du silence
Écrit sur le vif par une journaliste du Parisien qui a suivi les affaires de violences dans le secteur périscolaire depuis l’été 2025, l’ouvrage a le mérite de revenir sur les conditions ultra précaires dans lesquelles travaillent la plupart des animateur⋅ices de centre de loisirs : formations quasi inexistantes, plannings donnés à la dernière minute, salaires dérisoires. L’autrice raconte surtout dans le détail l’enchaînement des choix politiques qui ont conduit au scandale actuel.
Lorsque, en 2013, sous la présidence de François Hollande, le ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon lance la réforme des rythmes scolaires qui répartit la semaine des écolier⋅es sur cinq journées plus courtes, il crée un appel d’air pour le recrutement d’animateurs et d’animatrices. La demande est forte : entre 2005 et 2025, la proportion des familles laissant leurs enfants à l’étude ou à la garderie du soir a presque été multipliée par cinq. Mais, alors que les communes recrutent à tour de bras, ni les formations, ni les salaires, ni l’encadrement ne suivent. « On se retrouve ainsi avec des professionnels […] ayant parfois vécu des situations de violence éducative, mais non armés pour éduquer à leur tour. »
📖 Victoire Haffreingue-Moulart, Les Rois du silence. Périscolaire : l’enquête choc, Robert Laffont, 2026. 264 pages. 21 euros
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On écoute
Un système dysfonctionnel
Dans une de ses matinales, France Culture faisait récemment dialoguer la journaliste Victoire Haffreingue-Moulard et l’avocate Marie Grimaud. La parole de cette dernière, qui défend plusieurs familles d’enfants agressés par des animateurs, est particulièrement saisissante. Elle rappelle que, jusqu’à la médiatisation de ce scandale, les sanctions prévues par la loi n’étaient pas appliquées. Elle relève également un point commun à toutes ces affaires : la plupart des personnes mises en cause sont des hommes, qui ne présentent pas des profils de « prédateurs » mais sont souvent « de très jeunes animateurs sans cadres structurants, lâchés dans un système dysfonctionnel ».
🎧 Violences sexuelles dans le périscolaire : les faillites d’un système, « L’invité des matins », France Culture, 21 mai 2026. À écouter par ici
Les enfants ont la parole
Afin d’élargir l’analyse mais surtout d’entendre la parole trop rare des premier⋅es concerné·es, il est utile de (ré)écouter L’École de la violence, un podcast signé Charlotte Bienaimé. Elle y interviewe plusieurs enfants qui témoignent des violences ordinaires en milieux scolaire et périscolaire, mais convoque également sociologue, anthropologues et militantes du collectif SOS Périscolaire pour répondre à une question fondamentale : comment nous, adultes, accueillons-nous les enfants dans ce monde ?
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Glossaire
Alors que l’actualité montre à quel point la guerre culturelle qui fait rage est aussi une bataille sémantique, il nous a paru important que La Déferlante propose à ses lecteur·ices des définitions de concepts clés pour appréhender l’époque dans une perspective féministe intersectionnelle. Infantisme, climat incestuel, ou encore care : toutes les définitions sont en accès libre sur notre site internet, alimenté au fil des numéros pour faciliter la compréhension des concepts mobilisés dans chaque dossier.
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