Le climat se détraque et les épisodes d’extrême chaleur se multiplient, provoquant des morts et venant accentuer les inégalités. D’un côté des enfants, confinés dans des salles de classe à 32 °C,
De l’autre, des dirigeant·es politiques dans des bureaux climatisés qui nous rappellent de nous hydrater régulièrement. D’anciens ministres de l’Éducation nationale en campagne présidentielle qui fustigent la mauvaise isolation des écoles, des figures de l’extrême droite qui brandissent les rapports du Giec sur l’air de « on vous avait prévenu·es » après avoir répété maintes fois que leurs rapports étaient bien trop alarmistes.
Les climatologues alertent depuis trente ans sur l’accélération des épisodes météorologiques extrêmes. Malgré les feux de forêt qui ont dévasté l’Ouest étasunien en 2020 et 2021, malgré les inondations qui ont englouti le Pakistan en 2022, malgré la succession des canicules en Europe, nos dirigeant⋅es ont continué de regarder ailleurs. En France, dès 2023, un rapport officiel sur le bâti scolaire pointait pourtant la « mauvaise performance thermique » des établissements qui « n’offre pas des conditions favorables au bien-être de la communauté éducative et à l’apprentissage des élèves, d’autant plus que les périodes caniculaires sont en augmentation ». Mais rénover coûte cher et ce n’est pas une priorité pour nos dirigeant⋅es
Quelles sont nos possibilités d’action ? Dans l’immédiat, comme le proposent certaines militantes féministes, on peut interpeller nos élu⋅es. Ou bien faire la grève. Et puis d’ici quelques mois, en 2027, il s’agira, en campagne puis dans les urnes, de faire le choix d’un projet politique durable, respectueux des écosystèmes et conscient des inégalités que la crise climatique ne cesse de creuser.
En attendant, on vous propose, dans cette newsletter, une sélection d’articles, de livres, de podcasts pour comprendre les enjeux politiques de cette canicule. Des recommandations à lire à l’ombre… si vous en trouvez !
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Revue de presse
Climat et violences de genre
Chaque augmentation de 1 °C de la température mondiale est associée à une hausse de 4,7 % des violences conjugales dans le monde. C’est ce que révélait une enquête publiée par les Nations unies en 2025, faisant écho à trente ans de travaux scientifiques. L’article précise tout de même que si les crises climatiques sont des amplificateurs de violences, elles n’en sont jamais la cause unique.
🌡️ À lire dans Reporterre
Les banlieues brûlent
Cofondatrice de l’association Getth’up qui s’engage pour la justice sociale auprès des jeunes des quartiers populaires, Inès Seddiki revient sur les conditions de logement de nombreuses familles des quartiers populaires. Construits à la va-vite et jamais rénovés, ces ensembles, situés dans des quartiers sans végétation, sont particulièrement exposés aux aléas climatiques. Par temps de canicule, explique-t-elle, « nos jeunes étouffent physiquement et psychologiquement, parce qu’ils ne trouvent de répit nulle par
🔥 Un entretien à lire dans Le Monde
Service minimum
Présenté mercredi en conseil des ministres, le projet de loi de relance du logement, très attendu en cette période de chaleurs extrêmes, fait totalement l’impasse sur la question des « logements fournaises ». Pourtant, les climatologues prédisent des canicules à 50 °C dans plusieurs grandes villes dès 2050.
🥵 Une analyse à lire dans Mediapart
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Un podcast
Survivre au chaos
Des écosystèmes épuisés, des humain⋅es en burn out : la suroptimisation de nos organisations voulue par le système capitaliste a plongé la planète dans une crise qui risque de durer plusieurs siècles. Biologiste et chercheur à l’Institut de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (ENS Lyon), Olivier Hamant déroule, dans ce podcast, la thèse qu’il développe depuis plusieurs années : nous ne pourrons survivre dans ce monde fluctuant si à tous les niveaux (organisation du travail, exploitation agricole, marchés financiers, etc.) nous ne réduisons pas les performances pour atteindre une forme de souplesse et d’adaptabilité, inspirée des organismes vivants, qu’il appelle « la robustesse ».
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Un essai
Pour une écologie pirate
« C’est parce que nous ne sommes pas libres que le monde brûle. Et le monde n’arrêtera de brûler que si nous nous libérons. » C’est avec cette punchline qui caractérise si bien son franc-parler que Fatima Ouassak, militante écoféministe et antiraciste, pose les enjeux de cet essai, paru en 2023 (La Découverte) : rappeler qu’une écologie digne de ce nom doit être pensée depuis les quartiers populaires, depuis les vécus racisés, pauvres et colonisés. À l’heure où (presque) toute la France étouffe, que les inégalités face à la canicule se font criantes, il semble utile de relire ce texte qui propose de penser une écologie décoloniale et populaire qui serait collective et qui garantirait « toutes les libertés, dont celle de circulation et d’installation pour tous sans distinction ».

📖 Fatima Ouassak, Pour une écologie pirate. Et nous serons libres, La Découverte, 2023, 17 euros. Également disponible en format poche dans la collection Points féminismes, 7,90 euros.
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Une bande dessinée
Environnement toxique
Dans ce long roman graphique qui a cartonné outre-Atlantique (il a remporté deux Eisner Awards, les oscars de la BD) et en France (avec le prix BD Fnac et le prix Les Inrocks 2023), l’autrice canadienne Kate Beaton raconte comment, en 2005, pour solder son prêt étudiant, elle a quitté sa région natale direction l’Alberta et l’industrie très masculine des sables bitumineux, qui fournissent du pétrole. Un récit intime poignant où la jeune femme, isolée, est victime des violences sexistes et sexuelles de ses collègues. Elle y raconte aussi la brutalité d’un milieu professionnel qui détruit ses travailleurs et travailleuses, bousille l’environnement et usurpe les terres des peuples autochtones des Premières Nations d’Alberta.

🏭 Environnement toxique, de Kate Beaton, trad. Alice Marchand, Casterman 2023. 29,95 euros.
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Un roman
Le temps d’après
Après Dans la forêt, qui relatait l’expérience de survie de deux sœurs dans un monde postapocalyptique, Le Temps d’après s’intéresse à la reconstruction, quinze ans après l’effondrement. Eva, Nell et leur fils Burl vivent de chasse et de cueillette dans un écrin de nature sauvage. Mais alors qu’une longue période de canicule et de sécheresse menace leur subsistance, Burl, avide de contacts et de rencontres, part à la recherche d’autres collectifs humains. Dans ce roman, l’écrivaine étasunienne Jean Hegland, elle-même victime des grands incendies de forêt de 2020, en Californie, poursuit sa réflexion sur les ravages humains infligés à la planète. En complément de cet ouvrage, on peut (re)lire son portrait, publié dans La Déferlante en 2022.
🌳 Le temps d’après de Jean Hegland, traduit par Josette Chichesportiche, Gallmeister poche, 2026. 11,90 euros.
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Glossaire
Alors que l’actualité montre à quel point la guerre culturelle qui fait rage est aussi une bataille sémantique, il nous a paru important que La Déferlante propose à ses lecteur·ices des définitions de concepts clés pour appréhender l’époque dans une perspective féministe intersectionnelle. Antispécisme, écofascisme, ou encore écoféminisme : toutes les définitions sont en accès libre sur notre site internet, alimenté au fil des numéros pour faciliter la compréhension des concepts mobilisés dans chaque dossier.
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