Canicule : lutter aux côtés des plus fragiles

Cette semaine, plus de 1 800 éta­blis­se­ments scolaires en France ont dû fermer leurs portes faute de pouvoir assurer des condi­tions d’accueil décentes aux élèves pendant les journées de canicule. Parfois, cela a pris la forme d’une recom­man­da­tion faite aux parents : ne mettez pas vos enfants à l’école, venez les chercher plus tôt. Et devinez qui s’est retrouvé, comme au bon vieux temps du covid, à jongler entre télé­tra­vail, deadlines, pré­pa­ra­tion des repas et gestion des temps de Switch entre frères et sœurs ? Les mères, évidemment.
Publié le 25/06/2026

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Le climat se détraque et les épisodes d’extrême chaleur se mul­ti­plient, pro­vo­quant des morts et venant accentuer les inéga­li­tés. D’un côté des enfants, confinés dans des salles de classe à 32 °C,

des mères de famille en télé­tra­vail ou en congé forcé dans des inté­rieurs suf­fo­cants, des jeunes de quartiers popu­laires bétonnés vivant dans des passoires ther­miques, des ouvriers du bâtiment tra­vaillant au soleil par plus de 35 °C, des personnes exilées à la rue.

De l’autre, des dirigeant·es poli­tiques dans des bureaux cli­ma­ti­sés qui nous rap­pellent de nous hydrater régu­liè­re­ment. D’anciens ministres de l’Éducation nationale en campagne pré­si­den­tielle qui fustigent la mauvaise isolation des écoles, des figures de l’extrême droite qui bran­dissent les rapports du Giec sur l’air de « on vous avait prévenu·es » après avoir répété maintes fois que leurs rapports étaient bien trop alarmistes.

Les cli­ma­to­logues alertent depuis trente ans sur l’accélération des épisodes météo­ro­lo­giques extrêmes. Malgré les feux de forêt qui ont dévasté l’Ouest étasunien en 2020 et 2021, malgré les inon­da­tions qui ont englouti le Pakistan en 2022, malgré la suc­ces­sion des canicules en Europe, nos dirigeant⋅es ont continué de regarder ailleurs. En France, dès 2023, un rapport officiel sur le bâti scolaire pointait pourtant la « mauvaise per­for­mance thermique » des éta­blis­se­ments qui « n’offre pas des condi­tions favo­rables au bien-être de la com­mu­nau­té éducative et à l’apprentissage des élèves, d’autant plus que les périodes cani­cu­laires sont en aug­men­ta­tion ». Mais rénover coûte cher et ce n’est pas une priorité pour nos dirigeant⋅es

Quelles sont nos pos­si­bi­li­tés d’action ? Dans l’immédiat, comme le proposent certaines mili­tantes fémi­nistes, on peut inter­pel­ler nos élu⋅es. Ou bien faire la grève. Et puis d’ici quelques mois, en 2027, il s’agira, en campagne puis dans les urnes, de faire le choix d’un projet politique durable, res­pec­tueux des éco­sys­tèmes et conscient des inéga­li­tés que la crise cli­ma­tique ne cesse de creuser.

En attendant, on vous propose, dans cette news­let­ter, une sélection d’articles, de livres, de podcasts pour com­prendre les enjeux poli­tiques de cette canicule. Des recom­man­da­tions à lire à l’ombre… si vous en trouvez !

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Revue de presse

Climat et violences de genre

Chaque aug­men­ta­tion de 1 °C de la tem­pé­ra­ture mondiale est associée à une hausse de 4,7 % des violences conju­gales dans le monde. C’est ce que révélait une enquête publiée par les Nations unies en 2025, faisant écho à trente ans de travaux scien­ti­fiques. L’article précise tout de même que si les crises cli­ma­tiques sont des ampli­fi­ca­teurs de violences, elles n’en sont jamais la cause unique.

🌡️ À lire dans Reporterre

Les banlieues brûlent

Cofondatrice de l’association Getth’up qui s’engage pour la justice sociale auprès des jeunes des quartiers popu­laires, Inès Seddiki revient sur les condi­tions de logement de nom­breuses familles des quartiers popu­laires. Construits à la va-vite et jamais rénovés, ces ensembles, situés dans des quartiers sans végé­ta­tion, sont par­ti­cu­liè­re­ment exposés aux aléas cli­ma­tiques. Par temps de canicule, explique-t-elle, « nos jeunes étouffent phy­si­que­ment et psy­cho­lo­gi­que­ment, parce qu’ils ne trouvent de répit nulle par

🔥 Un entretien à lire dans Le Monde

Service minimum

Présenté mercredi en conseil des ministres, le projet de loi de relance du logement, très attendu en cette période de chaleurs extrêmes, fait tota­le­ment l’impasse sur la question des « logements four­naises ». Pourtant, les cli­ma­to­logues prédisent des canicules à 50 °C dans plusieurs grandes villes dès 2050.

🥵 Une analyse à lire dans Mediapart

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Un podcast

Survivre au chaos

Des éco­sys­tèmes épuisés, des humain⋅es en burn out : la surop­ti­mi­sa­tion de nos orga­ni­sa­tions voulue par le système capi­ta­liste a plongé la planète dans une crise qui risque de durer plusieurs siècles. Biologiste et chercheur à l’Institut de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (ENS Lyon), Olivier Hamant déroule, dans ce podcast, la thèse qu’il développe depuis plusieurs années : nous ne pourrons survivre dans ce monde fluctuant si à tous les niveaux (orga­ni­sa­tion du travail, exploi­ta­tion agricole, marchés finan­ciers, etc.) nous ne réduisons pas les per­for­mances pour atteindre une forme de souplesse et d’adaptabilité, inspirée des orga­nismes vivants, qu’il appelle « la robustesse ».

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Un essai

Pour une écologie pirate

« C’est parce que nous ne sommes pas libres que le monde brûle. Et le monde n’arrêtera de brûler que si nous nous libérons. » C’est avec cette punchline qui carac­té­rise si bien son franc-parler que Fatima Ouassak, militante éco­fé­mi­niste et anti­ra­ciste, pose les enjeux de cet essai, paru en 2023 (La Découverte) : rappeler qu’une écologie digne de ce nom doit être pensée depuis les quartiers popu­laires, depuis les vécus racisés, pauvres et colonisés. À l’heure où (presque) toute la France étouffe, que les inéga­li­tés face à la canicule se font criantes, il semble utile de relire ce texte qui propose de penser une écologie déco­lo­niale et populaire qui serait col­lec­tive et qui garan­ti­rait « toutes les libertés, dont celle de cir­cu­la­tion et d’installation pour tous sans dis­tinc­tion ».

📖 Fatima Ouassak, Pour une écologie pirate. Et nous serons libres, La Découverte, 2023, 17 euros. Également dis­po­nible en format poche dans la col­lec­tion Points fémi­nismes, 7,90 euros.

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Une bande dessinée

Environnement toxique

Dans ce long roman graphique qui a cartonné outre-Atlantique (il a remporté deux Eisner Awards, les oscars de la BD) et en France (avec le prix BD Fnac et le prix Les Inrocks 2023), l’autrice cana­dienne Kate Beaton raconte comment, en 2005, pour solder son prêt étudiant, elle a quitté sa région natale direction l’Alberta et l’industrie très masculine des sables bitu­mi­neux, qui four­nissent du pétrole. Un récit intime poignant où la jeune femme, isolée, est victime des violences sexistes et sexuelles de ses collègues. Elle y raconte aussi la brutalité d’un milieu pro­fes­sion­nel qui détruit ses tra­vailleurs et tra­vailleuses, bousille l’environnement et usurpe les terres des peuples autoch­tones des Premières Nations d’Alberta.

🏭 Environnement toxique, de Kate Beaton, trad. Alice Marchand, Casterman 2023. 29,95 euros.

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Un roman

Le temps d’après

Après Dans la forêt, qui relatait l’expérience de survie de deux sœurs dans un monde pos­ta­po­ca­lyp­tique, Le Temps d’après s’intéresse à la recons­truc­tion, quinze ans après l’effondrement. Eva, Nell et leur fils Burl vivent de chasse et de cueillette dans un écrin de nature sauvage. Mais alors qu’une longue période de canicule et de séche­resse menace leur sub­sis­tance, Burl, avide de contacts et de ren­contres, part à la recherche d’autres col­lec­tifs humains. Dans ce roman, l’écrivaine éta­su­nienne Jean Hegland, elle-même victime des grands incendies de forêt de 2020, en Californie, poursuit sa réflexion sur les ravages humains infligés à la planète. En com­plé­ment de cet ouvrage, on peut (re)lire son portrait, publié dans La Déferlante en 2022.

🌳 Le temps d’après de Jean Hegland, traduit par Josette Chichesportiche, Gallmeister poche, 2026. 11,90 euros.

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Glossaire

Alors que l’actualité montre à quel point la guerre cultu­relle qui fait rage est aussi une bataille séman­tique, il nous a paru important que La Déferlante propose à ses lecteur·ices des défi­ni­tions de concepts clés pour appré­hen­der l’époque dans une pers­pec­tive féministe inter­sec­tion­nelle. Antispécisme, éco­fas­cisme, ou encore éco­fé­mi­nisme : toutes les défi­ni­tions sont en accès libre sur notre site internet, alimenté au fil des numéros pour faciliter la com­pré­hen­sion des concepts mobilisés dans chaque dossier.

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Chanter, un hymne à la résistance

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