Cinq recos pour comprendre le MeToo Périscolaire

Depuis un an, les signa­le­ments pour violences de la part d’a­ni­ma­teurs se mul­ti­plient. Pour mieux en com­prendre les enjeux, nous vous proposons dans cette news­let­ter une série de recom­man­da­tions à lire ou à écouter. 
Publié le 28/05/2026

Un podcast à soi, épisode 43 : « L’école de la violence », Charlotte Bienaimé, 2023. À écouter sur le site d’Arte Radio
Un podcast à soi, épisode 43 : « L’école de la violence », Charlotte Bienaimé, 2023. À écouter sur le site d’Arte Radio

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Un an de violences dans le périscolaire

Mardi 26 mai, David G., un ancien animateur de l’école mater­nelle Alphonse-Baudin (Paris, 11e) était jugé pour agression sexuelle sur neuf enfants, har­cè­le­ment sexuel sur deux collègues et agression sexuelle sur l’une d’entre elles. Le parquet a requis contre lui trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet élec­tro­nique.
Cette affaire est une de celles qui, il y a un peu plus d’un an, lançaient le « scandale du péri­sco­laire ». Depuis, 78 ani­ma­teurs – prin­ci­pa­le­ment des hommes – ont été suspendus par la ville de Paris ; 31 pour violences sexuelles.

Cette longue série d’affaires qui touche par­ti­cu­liè­re­ment – mais pas uni­que­ment – les écoles pari­siennes est un nouveau révé­la­teur de la violence sys­té­mique exercée par les adultes sur les enfants. Elle prend également racine dans les condi­tions de travail très précaires aux­quelles ces pro­fes­sion­nels peu ou pas formés sont soumis. Rendu possible par une longue série de décisions poli­tiques autant que par la bana­li­sa­tion des violences dites « édu­ca­tives », ce scandale doit nous inter­pel­ler en tant que féministes.

👉🏻 Pour mieux en com­prendre les enjeux, nous vous proposons dans cette news­let­ter une série de recom­man­da­tions à lire ou à écouter.

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Revue de presse

Un Me Too Enfants

La jour­na­liste Mathilde Mathieu qui suit, depuis un an, le scandale des violences dans le péri­sco­laire pour Mediapart interroge dans cette chronique les défaillances graves, au sein des muni­ci­pa­li­tés, qui ont permis aux violences contre les enfants de perdurer. Parlant d’un crime de « lèse-enfance », elle rappelle que « vingt ans après le fiasco judi­ciaire d’Outreau, certains spé­cia­listes [dont le psy­chiatre et anthro­po­logue Daniel Delanoë] suggèrent […] de parler d’un #MeTooEnfants ».

🐻 À retrouver sur le site de Mediapart

Le courage des enfants

Dans un article très émouvant publié au début de mai, Mediapart raconte comment plusieurs filles de CM2 se sont spon­ta­né­ment mobi­li­sées pour faire cesser le har­cè­le­ment et les violences sexuelles d’un animateur de leur école. L’homme a été jugé le 5 mai à Paris. Le parquet a requis dix-huit mois de prison avec sursis.

💔 Un article à lire également dans Mediapart

Responsabilité politique

Dans une lettre publiée en début de semaine, Catherine Tricot, direc­trice de la publi­ca­tion de Politis et direc­trice du magazine Regards, revient sur les res­pon­sa­bi­li­tés de la Ville de Paris, « riche et arrogante », qui a « promis monts et mer­veilles » aux familles dans le cadre de la réforme du temps scolaire en 2013, puis, par la suite, tardé à entendre les alertes. Plus largement, elle fustige le cloi­son­ne­ment entre services muni­ci­paux et Éducation nationale, ce qui a retardé la prise en compte des violences, au détriment des enfants.

🏛️ Une lettre à retrouver dans Regards

Peu formés, mal payés

À l’occasion du mouvement de grève qui a eu lieu au mois de mai dans le péri­sco­laire parisien, Le Monde a donné la parole aux ani­ma­teurs et aux ani­ma­trices. Préoccupé⋅es par les nom­breuses sus­pen­sions pour soupçon de violences ces derniers mois, tous et toutes évoquent les condi­tions précaires dans les­quelles leur métier est exercé.

🖇️ Un article à retrouver dans Le Monde

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On lit

Les rois du silence

Écrit sur le vif par une jour­na­liste du Parisien qui a suivi les affaires de violences dans le secteur péri­sco­laire depuis l’été 2025, l’ouvrage a le mérite de revenir sur les condi­tions ultra précaires dans les­quelles tra­vaillent la plupart des animateur⋅ices de centre de loisirs : for­ma­tions quasi inexis­tantes, plannings donnés à la dernière minute, salaires déri­soires. L’autrice raconte surtout dans le détail l’enchaînement des choix poli­tiques qui ont conduit au scandale actuel.
Lorsque, en 2013, sous la pré­si­dence de François Hollande, le ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon lance la réforme des rythmes scolaires qui répartit la semaine des écolier⋅es sur cinq journées plus courtes, il crée un appel d’air pour le recru­te­ment d’animateurs et d’animatrices. La demande est forte : entre 2005 et 2025, la pro­por­tion des familles laissant leurs enfants à l’étude ou à la garderie du soir a presque été mul­ti­pliée par cinq. Mais, alors que les communes recrutent à tour de bras, ni les for­ma­tions, ni les salaires, ni l’encadrement ne suivent. « On se retrouve ainsi avec des pro­fes­sion­nels […] ayant parfois vécu des situa­tions de violence éducative, mais non armés pour éduquer à leur tour. »

📖 Victoire Haffreingue-Moulart, Les Rois du silence. Périscolaire : l’enquête choc, Robert Laffont, 2026. 264 pages. 21 euros

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On écoute

Un système dysfonctionnel

Dans une de ses matinales, France Culture faisait récemment dialoguer la jour­na­liste Victoire Haffreingue-Moulard et l’avocate Marie Grimaud. La parole de cette dernière, qui défend plusieurs familles d’enfants agressés par des ani­ma­teurs, est par­ti­cu­liè­re­ment sai­sis­sante. Elle rappelle que, jusqu’à la média­ti­sa­tion de ce scandale, les sanctions prévues par la loi n’étaient pas appli­quées. Elle relève également un point commun à toutes ces affaires : la plupart des personnes mises en cause sont des hommes, qui ne pré­sentent pas des profils de « pré­da­teurs » mais sont souvent « de très jeunes ani­ma­teurs sans cadres struc­tu­rants, lâchés dans un système dys­fonc­tion­nel ».

🎧 Violences sexuelles dans le péri­sco­laire : les faillites d’un système, « L’invité des matins », France Culture, 21 mai 2026. À écouter par ici

Les enfants ont la parole

Afin d’élargir l’analyse mais surtout d’entendre la parole trop rare des premier⋅es concerné·es, il est utile de (ré)écouter L’École de la violence, un podcast signé Charlotte Bienaimé. Elle y inter­viewe plusieurs enfants qui témoignent des violences ordi­naires en milieux scolaire et péri­sco­laire, mais convoque également socio­logue, anthro­po­logues et mili­tantes du collectif SOS Périscolaire pour répondre à une question fon­da­men­tale : comment nous, adultes, accueillons-nous les enfants dans ce monde ?

Un podcast à soi, épisode 43 : « L’école de la violence », Charlotte Bienaimé, 2023. À écouter sur le site d’Arte Radio
Un podcast à soi, épisode 43 : « L’école de la violence », Charlotte Bienaimé, 2023. À écouter sur le site d’Arte Radio

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Glossaire

Alors que l’actualité montre à quel point la guerre cultu­relle qui fait rage est aussi une bataille séman­tique, il nous a paru important que La Déferlante propose à ses lecteur·ices des défi­ni­tions de concepts clés pour appré­hen­der l’époque dans une pers­pec­tive féministe inter­sec­tion­nelle. Infantisme, climat incestuel, ou encore care : toutes les défi­ni­tions sont en accès libre sur notre site internet, alimenté au fil des numéros pour faciliter la com­pré­hen­sion des concepts mobilisés dans chaque dossier.

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Chanter, un hymne à la résistance

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