Suicide forcé

Le terme suicide forcé désigne les situa­tions dans les­quelles une personne (une femme dans la majorité des cas) est poussée au suicide par son compagnon ou ex-compagnon dans des situa­tions de violences conju­gales, de contrôle coercitif et de har­cè­le­ment moral. La loi du 30 juillet 2020 a introduit l’infraction de har­cè­le­ment par conjoint ou ex-conjoint ayant « conduit la victime à se suicider ou à tenter de se suicider ». Il n’est pas considéré comme un fémi­ni­cide mais comme une cir­cons­tance aggra­vante du har­cè­le­ment moral et constitue un délit passible de dix ans d’emprisonnement. Cette notion permet d’identifier les situa­tions où le suicide d’une femme est reconnu comme la consé­quences d’années de violences psy­cho­lo­giques et physiques de la part de son conjoint ou ex-conjoint. En France, en 2024, la mission inter­mi­nis­té­rielle pour la pro­tec­tion des femmes estimait que 906 femmes victimes de har­cè­le­ment par leur conjoint ou leur ex-conjoint avaient tenté de se suicider ou s’était suicidées, un chiffre en hausse de 17 % par rapport à l’année précédente. 

Récemment, la notion de suicide forcé a été remise sur le devant de la scène avec la sortie de la mini-série docu­men­taire De rockstar à tueur : le cas Cantat, qui a amené le parquet de Bordeaux à rouvrir une enquête autour du suicide de Krisztina Rády, ancienne compagne du chanteur. Le docu­men­taire révèle que cette dernière aurait été victime de violences physiques et psy­cho­lo­giques de la part du chanteur et que son suicide pourrait être reconnu comme un suicide forcé.

Malgré l’introduction de la notion dans la loi, il reste très compliqué de prouver un suicide forcé. Outre les dif­fi­cul­tés à prouver le lien entre le suicide et les com­por­te­ments du conjoint, il n’est pas sys­té­ma­tique de mener une enquête judi­ciaire en cas de suicide, et les moyens alloués à de telles enquêtes restent faibles.



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