D’abord, parce qu’après bientôt huit années de présidence d’Emmanuel Macron, de politiques antisociales et de banalisation des idées d’extrême droite, nous sommes très nombreux et nombreuses à être au bout du rouleau : inquiet·es des fins de mois à découvert, de l’accès aux soins de plus en plus difficile, de nos minuscules retraites à venir, mais aussi de l’air qu’on respire et du monde que nous allons laisser aux enfants.
Et, comme toujours, les plus impactées sont les femmes1En 2023, elles représentaient 57,5 % des personnes prises en charge par le Secours catholique, contre 52,6 % en 1999, selon un rapport du Haut Conseil à l’égalité publié en 2025. – surtout quand elles sont racisées, handicapées, issues des classes populaires ou parent isolé – mais aussi les personnes LGBTQIA+, les personnes exilées sans titre de séjour…
Pour toutes ces personnes, l’espoir réside d’abord dans les solidarités mises en place à l’échelon local, par des associations ou des équipes municipales engagées pour la justice sociale, par des collectifs antiracistes et féministes ou par de simples citoyen·nes. Qu’il s’agisse, comme à Nancy, de réunir dans une même équipe de football des personnes trans et des personnes exilées ; comme à Nantes, de mettre à disposition des locaux pour les associations qui aident les femmes victimes de violence, sans distinction de classe ni d’origine, ou comme partout ailleurs de soutenir celles et ceux qui créent du lien social, esquissant ainsi les contours d’une société solidaire, donc désirable.
Dans un entretien2Lumir Lapray, « Comment fait-on pour que nos proches arrêtent de voter pour l’extrême droite ? C’est ça mon sujet », Vert, le média qui annonce la couleur, 24 septembre 2025. publié par le média Vert, l’ancienne candidate Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) aux législatives de 2022 dans l’Ain et activiste rurale Lumir Lapray encourage à tisser, autour de nous, des réseaux d’entraide, à être présent·es aux autres de manière humble, à rendre des services : « Il y a besoin d’emmener le fils de votre voisine au sport ? Emmenez-le. De vendre des gâteaux pour que les gamins puissent partir en voyage scolaire ? Faites un gâteau. Il y a des anciens qui n’ont pas de petits-enfants, passez leur dire “bonjour”. » Maintenir le dialogue entre les communautés, c’est aussi, selon elle, le meilleur moyen de lutter contre les idées d’extrême droite qui, depuis deux décennies, gagnent du terrain un peu partout en France. « Ce n’est pas difficile de démontrer que le [Rassemblement national] est une arnaque ! La question est : que fait-on pour que cette information arrive aux gens ? Pour moi, la réponse, c’est la campagne permanente », tranche-t-elle.
Auprès de nos voisin·es, au sein des associations ou dans les isoloirs, notre mobilisation en 2026 est d’autant plus cruciale que la composition des futures équipes municipales pèsera fortement dans le résultat des élections sénatoriales de septembre prochain – puisque le collège qui élit les sénateur·ices est composé de grand·es électeur·ices issu·es des conseils municipaux. Tandis qu’Emmanuel Macron ne dispose plus de majorité à l’Assemblée nationale, le Sénat pourrait alors redevenir le contre-pouvoir prévu par la Constitution. Et cesser de servir de marchepied aux politiques néolibérales – comme il l’a fait ces derniers mois en impulsant la loi Duplomb et la réautorisation de certains pesticides ou en rejetant la taxe Zucman et le principe d’un impôt plancher de 2 % sur le patrimoine des ultrariches – qui menacent nos droits les plus fondamentaux.

