Le concept de justice environnementale est né du constat que la crise climatique et les dégâts environnementaux n’impactent pas tous les groupes sociaux de manière égale. Ce sont avant tout les pays et les groupes sociaux les plus riches, bénéficiant des progrès rendus possibles par des modes de vie et de production polluants, qui en sont responsables. En revanche, ce sont les pays et les groupes sociaux les plus pauvres et marginalisés, notamment les personnes racisé·es dans les pays occidentaux, qui en subissent majoritairement les conséquences : pollution, problèmes de santé, espaces de vie rendus inhabitables, accès inégal aux ressources naturelles, etc. Dans les années 1980 aux États-Unis, des militant·es développent ainsi la notion de justice environnementale pour réclamer une meilleure prise en compte de ces inégalités écologiques, ainsi qu’une meilleure répartition des efforts nécessaires pour s’adapter à la crise climatique.
C’est en vertu du concept de justice environnementale que la militante Priscillia Ludosky a lancé en 2018 la pétition « Pour une baisse des prix du carburant à la pompe ! » qui a donné lieu au mouvement des Gilets jaunes, explique-t-elle dans La Déferlante. Elle perçoit que la taxe sur le carburant – dont l’objectif est d’inciter les Français·es à réduire leur usage de la voiture – impacte avant tout les classes moyennes et populaires qui vivent dans des territoires disposant de peu de transports en commun alors que, dans le même temps, l’État français donne des autorisations de forage pétrolier à Total en Guyane. Cette « taxe carbone » est un exemple de politique environnementale qui ne prend pas en compte les inégalités sociales : « Les personnes les plus impactées par le dérèglement climatique ne sont pas autour des tables où se prennent les décisions, mais ce sont elles qui paient la transition. », résume Priscillia Ludosky.
Pour aller plus loin
- Annabelle Aim, Cannelle Foudrinier et Jérémy Boucain, Décolonisons l’écologie. Reportage au cœur des luttes décoloniales & écologistes, 2021, YouTube, 1 heure 43.
- Malcom Ferdinand, Une écologie décoloniale. Penser l’écologie depuis le monde caribéen, Seuil, 2019 ; réédition en poche chez Points, 2024, 416 pages.
- Philoxime, « Le partage des efforts pour le climat — Justice climatique », 2021, YouTube, 18 minutes.


