Mineur·es non accompagné·es : une lutte enfantiste

Née en 2023 dans le quartier de Belleville à Paris, la mobi­li­sa­tion des enfants arrivé·es seul·es en France a essaimé dans plusieurs villes en France. Principalement ori­gi­naires d’Afrique sub­sa­ha­rienne, ces adolescent·es s’organisent pour faire recon­naître leurs droits. Rappelant que, avant d’être des étranger·es, ils et elles sont surtout des enfants. 
Publié le 20/10/2026

Lors d'un rassemblement, un adolescent noir tient une pancarte sur laquelle il y a écrit "Y'en a marre !! Bam bam".
Lors de la mani­fes­ta­tion pari­sienne du 1er mai 2026, l’un des membres du Collectif des jeunes du parc de Belleville brandit une pancarte faisant référence aux slogans habi­tuel­le­ment scandés lors de leurs évé­ne­ments : « Dormir dehors, on en a marre ! » et « Les paroles et les promesses, on en a marre ! » Crédit : Valentina Camu / Divergence pour La Déferlante

Retrouvez cet article dans la revue La Déferlante, n°24, Grandir, parue en novembre 2026. Consultez le sommaire

L es garçons arrivent en petites grappes dans le réfec­toire de la maison de quartier de Bois-Blancs, dans l’ouest de Lille. Ils sont une vingtaine. « On va essayer de faire un cercle, ici », propose Amadou.

« Circle », traduit et mime Alicia, la coor­don­na­trice de l’association Utopia 56, venue prêter main-forte et se charger de la tra­duc­tion en anglais. Une bonne dizaine de jeunes se ras­semblent autour d’elle et tendent l’oreille. Des garçons uni­que­ment, car, ici comme dans le reste de la France, les filles sont peu nom­breuses parmi les mineur·es non accompagné·es1Selon l’association Utopia 56, elles ne repré­sentent que 5 à 10 % des effectifs de mineur·es non accompagné·es présents en France. Elles sont par ailleurs plus rapi­de­ment mises à l’abri par les asso­cia­tions et les pouvoirs publics..

Amadou, Thierrno et Sékou, prennent place dans le cercle. Ils sont les délégués du Collectif des mineur·es non accompagné·es (MNA) de Bois-Blancs. Amadou lance le sujet principal de l’assemblée générale de ce mardi de la fin de mai. Faut-il attendre le rendez-vous au rectorat la semaine prochaine pour évoquer leur sco­la­ri­sa­tion puis, sans doute, caler une mani­fes­ta­tion ? Ne vaut-il mieux pas patienter et se joindre, la semaine suivante, au ras­sem­ble­ment prévu avec d’autres col­lec­tifs de jeunes isolé·es ? « C’est à tous les jeunes de décider, pas seulement à leurs délégués », rappelle le garçon au ton posé. Quelques minutes plus tard, un par­ti­ci­pant, élancé, tee-shirt rouge et cheveux tressés, demande son avis à Alicia. La jeune femme sourit sans mot dire, quand les délégués rap­pellent le principe du collectif : ici,
ce sont les concernés qui font les choix.

Ce ras­sem­ble­ment lillois de jeunes exilés s’inspire du Collectif des jeunes du parc de Belleville, né à l’été 2023, dans l’Est parisien, après qu’ils et elles ont été expulsé·es d’un campement qui les abritait depuis trois mois. Cette orga­ni­sa­tion autogérée d’adolescent·es arrivé·es en France sans titre de séjour est alors inédite : elle regroupe des jeunes ori­gi­naires prin­ci­pa­le­ment de Guinée, du Mali et de Côte d’Ivoire confronté·es au refus de l’État français de recon­naître leur statut
de mineur·e isolé·e et donc d’assurer leur pro­tec­tion, leur héber­ge­ment et leur sco­la­ri­sa­tion, comme l’y oblige l’article 20 de la Convention inter­na­tio­nale des droits de l’enfant (lire notre encadré). Pour la première fois en France, des enfants sans papiers s’organisent par elleux-mêmes, pour reven­di­quer le respect de leurs droits.

Le 28 avril 2026, des porte-parole du Collectif des jeunes du parc de Belleville s’expriment lors de l’assemblée générale heb­do­ma­daire à la Bourse du travail de Paris. En par­ta­geant leur expé­rience, elles et ils donnent de la moti­va­tion aux nouveaux et nouvelles arri­vantes.
Crédit : Valentina Camu / Divergence pour La Déferlante

« Ce n’est pas un hasard si le collectif se noue à cet endroit, à ce moment-là, estime Martine El Ouardi, docteure en socio­lo­gie. Belleville est très différent des quartiers où les mineur·es isolé·es se réfu­giaient [jusque-là]. Il y existe une véritable vie de quartier, avec des habitant·es militant·es, issu·es de migra­tions et déjà engagé·es dans des luttes. » Cette Canadienne, arrivée à Paris en 2023 pour étudier les effets de l’organisation des Jeux olym­piques (JO) sur la politique d’expulsion des personnes migrantes, a rapi­de­ment soutenu les jeunes. Comme ses pair·es, elle constate le caractère inédit de cette lutte menée direc­te­ment par les premier·es concerné·es. Elle décide de la docu­men­ter2Son ouvrage L’heure est grave (éditions Terres de feu, 2026), raconte les prémices, les premiers faits d’armes et les victoires du collectif parisien.. Jusque-là, les mineur·es non accompagné·es étaient orienté·es vers des asso­cia­tions d’aide aux exilé·es qui tentent de satis­faire leurs besoins les plus élé­men­taires, mais s’expriment souvent « à la place des jeunes », résume la sociologue.

Autogestion et horizontalité

Hassan, 17 ans, est l’un des délégué·es actuel·les du collectif parisien. Quand il arrive de Guinée, à la fin de 2024, il trouve un refuge plus que précaire sous les tentes ins­tal­lées près du pont Marie, dans le centre de Paris. Il rencontre des jeunes du collectif qui y font des maraudes régu­lières et l’invitent à se joindre à une assemblée générale. Il y en a une chaque mardi, à la Bourse du travail, près de la place de la République. « J’ai posé la question : qui est le res­pon­sable ? Un jeune m’a dit : “Il n’y a pas de res­pon­sable, on est ensemble, on essaie de s’organiser pour régler nos problèmes de façon efficace” », raconte-t-il. Aujourd’hui reconnu mineur par l’État et hébergé dans un centre d’accueil pour enfants, Hassan est bien conscient du contraste entre cette auto­ges­tion qu’il expé­ri­mente et le fonc­tion­ne­ment des asso­cia­tions huma­ni­taires qu’il a fré­quen­tées : « Dans le collectif, chacun est libre de s’exprimer, de nommer ce qui lui fait mal. Les assos, elles, font du cas par cas. Elles nous font attendre en disant : “Tu es arrivé récemment, on doit s’occuper d’untel, qui est là depuis six mois…” Au collectif, on mène la lutte pour tout le monde. »


« Quand ce sont les personnes concer­nées qui mènent elles-mêmes la mobi­li­sa­tion, elles ont peu à perdre et tout à gagner. »
Martine El Ouardi, sociologue


Le collectif de Belleville, puis ceux qui se créent dans la foulée, à Lille, Clermont-Ferrand, Marseille, Lyon, Rennes et plus récemment Tours, accom­pagnent les jeunes exilé·es débouté·es de la recon­nais­sance de minorité et les aident à présenter un recours auprès des tribunaux admi­nis­tra­tifs. Mais les jeunes attendent parfois un an avant d’obtenir une réponse. Durant cette période, les rectorats refusent, la plupart du temps, de les sco­la­ri­ser. En réponse à la politique de rejet des pouvoirs publics, trois reven­di­ca­tions prin­ci­pales sont portées par les col­lec­tifs de MNA. « L’hébergement pour tout le monde, la réduction de la durée des recours, et la sco­la­ri­sa­tion géné­ra­li­sée avant le résultat des recours », détaille Barry, un jeune du collectif de Bois-Blancs, à Lille.

La présomption de minorité, une longue bataille politique

Bien que signa­taire de la Convention inter­na­tio­nale des droits de l’enfant depuis 1990, la France déroge régu­liè­re­ment à ses obli­ga­tions de pro­tec­tion des enfants en exil en refusant la sco­la­ri­sa­tion et l’hébergement des mineur·es étranger·es deman­deu­reuses d’un titre de séjour. De nom­breuses asso­cia­tions d’aide aux exilé·es dénoncent le tri qu’opèrent les autorités parmi ces jeunes non accompagné·es, au prétexte qu’ils et elles seraient en réalité majeur·es. Parmi les outils utilisés pour déter­mi­ner leur âge, les tests osseux sont par­ti­cu­liè­re­ment critiqués.
Dès 2020, la sénatrice éco­lo­giste Esther Benbassah rappelait que leur fiabilité scien­ti­fique était notoi­re­ment contestée et que plusieurs pays – dont l’Australie et le Royaume-Uni – avaient abandonné leur usage. Rappelant que cet examen expose la personne « à des irra­dia­tions », elle jugeait « par­ti­cu­liè­re­ment contes­table de soumettre volon­tai­re­ment des personnes migrantes – qui plus ­est présumées mineures – à ces dangers, pour des raisons qui n’ont abso­lu­ment rien de médical ». En décembre 2025, une nouvelle pro­po­si­tion de loi, déposée par le socia­liste Emmanuel Grégoire (aujourd’hui maire de Paris) proposait d’instaurer une « pré­somp­tion de minorité » pour éviter de laisser des enfants étranger·es à la rue. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le texte, adopté en première lecture par l’Assemblée nationale attend toujours d’être mis à l’ordre du jour du Sénat.

En 2023, après l’évacuation du campement du parc de Belleville, le collectif s’est structuré à travers l’occupation de lieux emblé­ma­tiques de la capitale pour forcer la Ville de Paris à les mettre à l’abri : l’ancienne mairie du 4e arron­dis­se­ment, le Centquatre, un lieu culturel du 19e arron­dis­se­ment, puis, en avril 2024, à quelques mois des Jeux olym­piques de Paris, la Maison des métallos, une salle de spec­tacles gérée par la muni­ci­pa­li­té. Au bout de trois mois rythmés par des menaces réitérées d’expulsion mais aussi une média­ti­sa­tion gran­dis­sante de leurs reven­di­ca­tions, 230 mineur·es non accompagné·es et 21 familles finissent par être mis·es à l’abri, dans un gymnase.

Namawa, jeune mère sans papiers et « première déléguée fille » du Collectif des jeunes du parc de Belleville, raconte son enga­ge­ment lors de l’assemblée générale. Elle lutte dans le collectif depuis juin 2024.
Crédit : Valentina Camu / Divergence pour La Déferlante

Cette longue série d’occupations enseigne aux adolescent·es les fon­da­men­taux de la lutte politique. Elle leur apprend aussi que leur déter­mi­na­tion peut retourner le rapport de force en leur faveur. « Quand ce sont les personnes concer­nées qui mènent elles-mêmes la mobi­li­sa­tion, elles ont peu à perdre et tout à gagner », analyse Martine El Ouardi. En poli­ti­sant leur lutte, en élar­gis­sant leurs reven­di­ca­tions à celle contre le racisme et contre la précarité, les MNA agrègent d’autres groupes à leur mobi­li­sa­tion. En juin 2024, ils et elles refusent par exemple de mettre fin à l’occupation de la Maison des métallos tant qu’une vingtaine de jeunes mères sans papiers ne sont pas, elles aussi, prises en charge par la Ville de Paris. Parmi ces jeunes femmes, Namawa, 28 ans, s’illustre rapi­de­ment par sa capacité à tenir tête aux élu·es de la capitale. Un jour, alors qu’Anne Hidalgo, l’ancienne maire de Paris, visite le gymnase dans lequel la Ville a consenti à l’héberger, elle lui lance : « Si on devait échanger nos vies cinq minutes, est-ce que tu penserais que ce gymnase est un logement ? » Rapidement, même si elle n’est pas concernée par les mêmes pro­blé­ma­tiques que les jeunes mineur·es, la jeune femme devient « la première déléguée fille du collectif », raconte-t-elle, au bord de la petite table de la chambre qu’elle occupe désormais dans un immeuble du Samusocial.

Namawa enlace un camarade de lutte du Collectif des jeunes du parc de Belleville. Aujourd’hui logée dans un immeuble du Samusocial, elle n’est pas concernée par les mêmes pro­blé­ma­tiques que les mineur·es non accompagné·es, mais se rend tout de même régu­liè­re­ment aux assem­blées générales du Collectif pour témoigner de son expé­rience.
Crédit : Valentina Camu / Divergence pour La Déferlante

Coordination nationale

À l’hiver 2024, le collectif parisien se lance dans une nouvelle action : l’occupation de la Gaîté lyrique, autre éta­blis­se­ment
culturel géré par la Ville de Paris. Elle va durer deux mois et demi et se solder par un premier échec. Le 16 mars 2025, la police procède à l’expulsion des jeunes, dans une violence débridée, en blessant six au cours de ­l’intervention. Vingt-cinq membres du groupe reçoivent une obli­ga­tion de quitter le ­ter­ri­toire français (OQTF). Une procédure habi­tuel­le­ment réservée aux adultes, ­inad­aptée à la situation des mineur·es en attente d’une réponse à leur recours admi­nis­tra­tif. Accompagné d’attaques quo­ti­diennes venues de certains médias d’extrême droite et de militant·es du mouvement d’Éric Zemmour, cet échec ne fait pas pour autant perdre sa vigueur au collectif parisien. En deux ans de mobi­li­sa­tion, entre 2023 et 2025, plus de 500 jeunes ont été scolarisé·es et plus de 1 000 places d’hébergement ont été obtenues – qu’il s’agisse de solutions précaires, dans des gymnases, ou plus pérennes, dans des foyers et des hôtels du Samusocial. Le collectif des jeunes du parc de Belleville a impulsé la création d’une coor­di­na­tion nationale. Elle organise désormais des week-ends pour mettre en commun les combats et porter des reven­di­ca­tions à plus grande échelle.

Le 23 avril 2026, un membre du Collectif des jeunes du parc de Belleville participe à l’une des mobi­li­sa­tions orga­ni­sées devant le tribunal judi­ciaire de Créteil pour demander la recon­nais­sance de leur minorité.
Crédit : Valentina Camu / Divergence pour La Déferlante

Mais, dans cette lutte per­pé­tuelle, le défi le plus difficile à relever pour les col­lec­tifs de jeunes est de ne pas laisser s’éteindre l’énergie. De nouveaux et nouvelles mineur·es non accompagné·es arrivent en France chaque jour : « En ce moment, un campement se reforme porte de la Villette », rapporte Gad, un délégué du collectif parisien. À la fin d’avril 2026, leur assemblée générale heb­do­ma­daire a fait le plein. Ce jour-là, alors qu’une bonne centaine de jeunes a pris place sur les chaises ­grin­çantes de la salle Eugène-Varlin, à la Bourse du travail, Ibrahima attrape le micro pour inter­pel­ler ses com­pa­gnons d’infortune : « Je suis choqué. » Quelques jours plus tôt, un ras­sem­ble­ment était organisé devant le tribunal de Créteil pour protester contre la longueur des recours admi­nis­tra­tifs. « Il y avait plus de soutiens [des militant·es qui apportent une assis­tance aux col­lec­tifs] que de jeunes à la manif, lance-t-il. Mais c’est nous que ça concerne », insiste le garçon. Après lui, d’autres personnes exhortent les jeunes à par­ti­ci­per aux actions prévues. « Seule la lutte paie », assènent-elles, reprenant à leur compte le slogan his­to­rique des ­mou­ve­ments de sans-papiers adultes des années 1970, qui les ont beaucoup inspirés.

Des membres du Collectif des jeunes du parc de Belleville sou­tiennent sa délé­ga­tion reçue au tribunal pour évoquer leur situation, à Créteil, le 23 avril 2026.
Crédit : Valentina Camu / Divergence pour La Déferlante

Trouver des relais

La question de la mobi­li­sa­tion du plus grand nombre, et pas seulement d’une poignée ­par­ti­cu­liè­re­ment motivée, se pose de façon encore plus cruciale dans les col­lec­tifs de mineur·es. Car il est difficile de par­ti­ci­per à des assem­blées générales ou à des mani­fes­ta­tions lorsque l’on vit dans la rue et que l’on se bat chaque jour pour prendre une douche ou trouver à manger. « La ­trans­mis­sion des luttes est plus com­pli­quée qu’ailleurs car, par la force des choses, quand les membres du collectif obtiennent une réponse positive à leur recours, elles et ils se sentent moins concerné·es », indique Martine El Ouardi. Les jeunes qui décrochent un ­héber­ge­ment, une ins­crip­tion à l’école et la recon­nais­sance de leur minorité se lancent à fond dans leur nouvelle vie. Parfois loin. Comme Gad, reconnu mineur, qui a trouvé une place dans un éta­blis­se­ment où il apprend l’électricité. « Le juge m’a envoyé à Strasbourg, raconte-t-il. C’est la vie… »

Près du pont Marie, qui relie l’île Saint-Louis au quai de l’Hôtel-de-Ville, à Paris, plusieurs jeunes exilé·es sont installé·es sous des tentes depuis quelques années dans l’attente d’une décision sur la recon­nais­sance de leur minorité.
Crédit : Valentina Camu / Divergence pour La Déferlante

À Lille, Amadou vient également d’obtenir la pro­tec­tion de l’État. Ses camarades féli­citent abon­dam­ment ce garçon si impliqué. Mais savent qu’il va désormais tracer sa route.  Le collectif de Bois-Blancs est en quête de ­nouveaux délégués. « On essaie de créer un lea­der­ship à chaque géné­ra­tion », explique Sékou, « ancien » du grou­pe­ment lillois, qu’il a rejoint en août 2025. « On veut montrer que la lutte marche, pour pousser les autres à devenir délégués », poursuit le jeune homme. Hassan, à Paris, insiste : « Ne devient pas délégué celui qui le veut mais celui qui le peut. » Celui ou celle qui a du temps à donner, et de l’énergie, pour organiser maté­riel­le­ment les mani­fes­ta­tions ou pour faire de la musique pendant les ras­sem­ble­ments, un élément essentiel des mobili­sations. La prise de parole en public n’est que la partie visible de l’engagement et nulle ­obli­ga­tion n’est faite de s’y coller. « Pour nous aider à parler, nous avons eu des for­ma­tions données par les soutiens ou par des syndicats », précise Gad. Les délégué·es ont aussi un atout pour convaincre les autres jeunes de s’impliquer à leur tour : l’expérience humaine que repré­sente le collectif. « Au fur et à mesure, je me suis senti chez moi, en famille », raconte Hassan, qui part désormais en maraude solitaire, pour convaincre d’autres jeunes à la rue de rejoindre la lutte commune. « D’abord j’ai cru que le collectif servait juste à aider les gens à trouver un toit ou à aller à l’école. Mais j’ai constaté que ça valait mille fois plus que ça. J’ai noué des relations tellement fortes, tu ne peux pas imaginer. Tellement qu’on en devient puissant. »

  • 1
    Selon l’association Utopia 56, elles ne repré­sentent que 5 à 10 % des effectifs de mineur·es non accompagné·es présents en France. Elles sont par ailleurs plus rapi­de­ment mises à l’abri par les asso­cia­tions et les pouvoirs publics. ↩︎
  • 2
    Son ouvrage L’heure est grave (éditions Terres de feu, 2026), raconte les prémices, les premiers faits d’armes et les victoires du collectif parisien. ↩︎
Sylvie Fagnart

Journaliste indépendante au sein du collectif Hors cadre, elle s’intéresse au numérique et aux questions de genre. Elle travaille avec le magazine en ligne Chut! et l’émission « Affaires sensibles » sur France Inter. Dans le numéro Travailler, elle cosigne le focus sur le travail domestique et l’histoire d’un slogan. Voir tous ses articles

Grandir, la révolte des enfants

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