Maltraitances au Bon Pasteur : un silence religieux

Entre les années 1940 et 1980, dans plus de 40 pays, dont la France, des dizaines de milliers d’adolescentes, consi­dé­rées comme « irré­cu­pé­rables », ont été placées dans les congré­ga­tions reli­gieuses du Bon Pasteur pour y être « redres­sées ». Une grande majorité y ont été vio­len­tées. Bien qu’assignées au silence depuis longtemps, d’anciennes pen­sion­naires dénoncent aujourd’hui ces violences et demandent des compensations.
Publié le 28/04/2022

 

 

Retrouvez cet article dans le numéro 6 de La Déferlante.

Elles sont deux. Éveline Le Bris et Marie-Christine Vennat portent fièrement leurs reven­di­ca­tions. La pré­si­dente et la tré­so­rière de l’association Les Filles du Bon Pasteur appa­raissent régu­liè­re­ment dans les médias pour raconter leur parcours d’adolescentes cassées. 

Les autres se risquent à des témoi­gnages timides, ne parlent pas, répondent par­tiel­le­ment, se rétractent. Ont peur. Peur des réper­cus­sions sociales du stigmate de la « mauvaise fille », encore fortement ancré dans leur chair et dans l’imaginaire collectif. Peur de soulever la chape de plomb sous laquelle elles ont enfoui ces années noires. 

Après deux heures de confi­dences à cœur ouvert, Nicole 1Le prénom a été modifié., 72 ans, nous a envoyé ce message : « Je suis désolée, mais ma fille ne veut pas que je parle de ce passé sinon elle se fâche. Mon fils est de son avis. Donc c’est avec regret que je vous demande de stopper, car je ne veux pas me fâcher avec mes enfants. » Nicole a un parcours « classique » : dou­ble­ment violée, elle tombe enceinte à 14 ans avant d’être placée au Bon Pasteur. Elle y connaîtra le viol médical et les insultes des reli­gieuses. Les femmes passées au Bon Pasteur jusque dans les années 1970 cumulent les injonc­tions au silence. Elles sont écrasées par la honte, envahies par la culpa­bi­li­té et parfois victimes d’amnésie trau­ma­tique. Au plus fort de son activité, le forum des anciennes (créé en 2009) a regroupé 800 membres (aujourd’hui, elles sont environ 500). L’historien David Niget, spé­cia­liste de la justice des mineur·es, estime entre 35 000 et 40 000 le nombre d’adolescentes fran­çaises placées dans ces ins­ti­tu­tions entre 1940 et 1980. Environ 80 % y auraient subi des violences. Nombre d’entre elles sont décédées depuis, mais elles sont encore des milliers, meurtries et humiliées, sus­cep­tibles de demander répa­ra­tion. « Nous n’avons reçu ni éducation, ni salaire pour le travail effectué, ni soins de santé », plaide Éveline Le Bris, enfermée au Bon Pasteur du Mans et coupée de sa famille entre 1963 et 1966, après avoir été violée par un voisin à l’âge de 11 ans. La pré­si­dente de l’association elle-même s’est tue pendant des décennies, avant de pouvoir raconter son histoire à voix haute.

Paternalisme judiciaire et « redressement genré »

Fondée en 1835 à Angers (Maine-et-Loire), la congré­ga­tion du Bon Pasteur se donne pour mission de « sauver » les jeunes filles de la « déchéance ». Autour des années 1940, au pic de son activité, 10 000 reli­gieuses et 50 000 jeunes filles vivent dans 350 congré­ga­tions du Bon Pasteur réparties dans 40 pays. En France, des milliers d’adolescentes défa­vo­ri­sées y sont placées dans les années 1950 et 1960 par des juges pour enfants, consé­cu­ti­ve­ment à l’ordonnance de 1945, qui leur donne le droit de décider de leur enfer­me­ment, jusque-là réservé au père de famille, avec l’argument de la pro­tec­tion (lire la chro­no­lo­gie). Contrairement aux filles des classes aisées, cloîtrées dans la sphère domes­tique, les filles des classes popu­laires gran­dissent dans un envi­ron­ne­ment plus libre, une menace dont il faudrait les « sauver ». 

À l’époque, les défaillances morales des ado­les­centes inquiètent plus que les actes illégaux. Dans un ouvrage . 2Véronique Blanchard, Vagabondes, voleuses, vicieuses. Adolescentes sous contrôle de la Libération à la libé­ra­tion sexuelle, éditions François Bourin, 2019 consacré à la cri­mi­na­li­sa­tion des ado­les­centes dans les années 1950 et 1960, l’historienne Véronique Blanchard pointe ce « pater­na­lisme judi­ciaire […] : des femmes peuvent être enfermées pour des faits non cri­mi­na­li­sés, qui n’entraînent dans le cas des garçons aucune sanction. Ainsi, 64 % des filles sont placées pour des faits non pénaux, contre 5 % des garçons. » Si certaines ont fugué, commis des petits larcins, sont sus­pec­tées d’avoir de mauvaises fré­quen­ta­tions ou une sexualité précoce, beaucoup de ces jeunes filles placées ont aussi été victimes d’inceste ou d’agressions sexuelles et sont consi­dé­rées comme fautives.

À l’intérieur de la congré­ga­tion, la vie est monacale, comme si les jeunes femmes avaient fait vœu de célibat et de chasteté. À l’entrée, le viol gyné­co­lo­gique, destiné à connaître leur statut virginal, est la norme. En cas de fugue, les cheveux sont rasés ; les corvées de ménage se font à genoux ; on leur met les draps sur la tête lorsqu’elles urinent au lit. 

La dis­ci­pline reli­gieuse est très forte : messe obli­ga­toire, culture de la mor­ti­fi­ca­tion, silence toute la journée. Interdiction de parler du passé et de sa vie privée sous peine de punition. « La culpa­bi­li­sa­tion est per­ma­nente. Elles sont effacées en tant que sujets », explique David Niget. Cet effa­ce­ment peut être très concret : certaines pen­sion­naires sont rebap­ti­sées à leur entrée et ne retrouvent leur vrai prénom que des années plus tard. À la violence physique et psy­cho­lo­gique s’ajoute l’incompréhension. Elles ne savent pas ce dont on les accuse. « Quand j’ai été enfermée, je n’ai rien compris, le ciel s’est abattu sur ma tête. En psy­chia­trie, on appelle ça la sidé­ra­tion, raconte Marie-Christine Vennat. Je n’étais pas une ado­les­cente facile, je tirais les cordons de sonnette, je chipais des pommes. Mais pas de quoi fouetter un chat. »


« Elles se sont murées dans le silence pour pouvoir se marier, fonder une famille. Pour être crédible, il faut oublier, sinon, c’est insupportable. »

David Niget, historien

Quand elles sortent, le manque à gagner social est consi­dé­rable : sous-qualifiées et marquées au fer rouge par la honte associée à l’institution, elles font table rase du passé. Aujourd’hui encore, beaucoup n’en ont jamais parlé à leur mari, leurs enfants, leur famille. « Elles craignent d’être rejetées par leurs proches et d’être renvoyées aux stigmates qui marquent les expé­riences car­cé­rales ou assi­mi­lées », éclaire Hanan Sfalti, anthro­po­logue, autrice du mémoire « Réformées au Bon Pasteur : com­por­te­ments, morale et sen­ti­ments de femmes déviantes des classes popu­laires ». « Elles se sont murées dans le silence pour cacher leurs origines, pouvoir se marier, fonder une famille, renchérit David Niget. Elles ont dû mentir et se mentir à elles-mêmes. Pour être crédible, il faut oublier, sinon c’est insup­por­table. »

C’est parce qu’elle connaît le prix de la parole que Marie-Christine Vennat a été choquée de voir des photos de femmes non ano­ny­mi­sées lors de l’exposition « Mauvaises filles » en 2016, au théâtre du Quai à Angers : « C’est une honte, une fille peut recon­naître sa mère, sa tante, sa grand-mère. Elle peut être en colère de ne pas savoir ou de penser que sa mère était une mauvaise fille. Pour moi, cette expo­si­tion montre qu’on est toujours pointées du doigt. » Beaucoup d’entre elles ne voient pas l’intérêt de parler, à l’image de Patricia, cloîtrée à Pau de 1969 à 1973 : « Je n’ai jamais compris pourquoi on veut se souvenir de ça, les géné­ra­tions futures n’ont pas besoin de savoir, ça remue la merde et ça sent mauvais. Parler ne me soulage pas. » De même, la chanteuse Nicoletta, ancienne pen­sion­naire, n’a quasiment plus parlé du sujet après la sortie de son livre, La Maison d’en face (éditions Florent Massot, 2008), où elle raconte ses années au Bon Pasteur.

Le lourd retard français

Si les mal­trai­tances dans les couvents du Bon Pasteur ont eu lieu dans les 40 pays où la congré­ga­tion était présente, les excuses, elles, ne sont pas aussi homogènes. Certains pays ont entamé des démarches de dédom­ma­ge­ment depuis plusieurs décennies. En Australie, une dizaine d’enquêtes par­le­men­taires ont été menées pour faire la lumière sur les mal­trai­tances des sœurs, et le site de la congré­ga­tion nationale affiche ce message : « Des années 1860 aux années 1970, de jeunes personnes ont été négligées ou abusées. Nous recon­nais­sons la douleur […] et nous nous excusons. »

Le Canada a engagé des moyens consi­dé­rables pour faire recon­naître les violences ins­ti­tu­tion­nelles à l’égard des enfants ; tout comme en Irlande, où le scandale de la congré­ga­tion des Magdalene Sisters, voisine du Bon Pasteur, a été fortement médiatisé. En 2018, des Irlandaises victimes de violences ont obtenu jusqu’à 20 000 euros chacune. Aux Pays-Bas, un rapport uni­ver­si­taire, commandé par le gou­ver­ne­ment, a conclu au travail forcé et à la res­pon­sa­bi­li­té de l’État, qui s’est excusé. Fin 2020, 140 femmes ont été dédom­ma­gées à hauteur de 5 000 euros chacune, au terme de trois ans de combat. 

En France, ni enquêtes ni excuses offi­cielles. « La France, comme la Belgique ou l’Espagne, n’a jamais cherché à enquêter, contrai­re­ment aux pays de droit bri­tan­nique où le Parlement a plus de capacité à s’autosaisir, constate l’historien David Niget. La France, grande puissance colo­ni­sa­trice, a tellement de cas­se­roles his­to­riques dans la longue liste des dossiers à rouvrir, que le Bon Pasteur arrive loin. » 

Déni de la congrégation malgré de timides excuses

Quand elles consentent à se souvenir, les anciennes pen­sion­naires en disent d’abord très peu. Entre allusions et sous-entendus, les mal­trai­tances mineures refont surface. Puis, celles qui se livrent (re)découvrent leur histoire avec stupeur – et horreur parfois – en discutant avec des chercheur·ses et des jour­na­listes. « Récemment, une fille nous a raconté qu’on l’avait mise à quatre pattes et qu’on lui avait introduit des objets dans le vagin, raconte Marie-Christine Vennat. C’est très courageux de nous l’avoir raconté. Moi j’ai pris conscience que j’avais été violée par le médecin du Bon Pasteur il y a quelques années seulement. »

L’attitude actuelle de la congré­ga­tion française contribue à renforcer l’invisibilisation et la chape de plomb. Malgré de timides excuses 3« Là où l’objectif était de retrouver la joie de vivre et la dignité per­son­nelle, nous recon­nais­sons que des com­por­te­ments inadaptés sont parfois venus ternir des inten­tions louables. Je le regrette et demande pardon pour ces attitudes qui ont provoqué incom­pré­hen­sion et souf­france. » Patricia Diet, citée par Vincent Boucault, « Angers : d’anciennes pen­sion­naires du Bon Pasteur victimes de mal­trai­tance », Le Courrier de l’Ouest, 25 novembre 2019. de la supé­rieure pro­vin­ciale Patricia Diet, dans le quotidien régional Le Courrier de l’Ouest en 2019, « les sœurs conti­nuent, col­lec­ti­ve­ment et poli­ti­que­ment, d’être convain­cues que ce qu’elles ont fait était pour le bien des jeunes filles, “pour les sauver” », affirme David Niget. Or, s’il y a bien des excep­tions, la mal­trai­tance règne dans presque toutes les congré­ga­tions jusqu’aux années 1970.

Cette réalité est tota­le­ment rejetée par l’équipe de la congré­ga­tion. Plusieurs semaines après que nous l’avons sol­li­ci­tée pour une interview, sœur Marie-Paule Richard, l’une des cinq membres de la direction du Bon Pasteur de la Province (France, Pays-Bas, Belgique et Hongrie), a bien voulu répondre à nos questions. « Dans des maisons où il y avait cent filles révoltées, avec deux ou trois reli­gieuses, ces dernières ont été dépassées et certaines ont dépassé les bornes, reconnaît-elle lors d’un entretien télé­pho­nique. Mais ce n’est pas juste de dire que toutes les filles ont été mal­trai­tées. Il n’y a jamais eu de système de répres­sion ou d’exploitation voulu. Je suis ferme là-dessus, je ne supporte pas qu’on dise que c’est général. »

Si sœur Marie-Paule Richard assure qu’une « cellule d’écoute pour recueillir la parole et tendre la main aux femmes qui auraient envie de parler » va être mise en place, elle rejette en revanche toute idée d’indemnisation : « Nous pensons que leur donner une somme d’argent ne va pas les guérir. Toutes les sœurs n’ont pas été comme ça, alors demander pardon pour la congré­ga­tion tout entière, ce n’est pas cohérent. » 


« Moi j’ai pris conscience que j’avais été violée par le médecin du Bon Pasteur il y a quelques années seulement. »

Marie-Christine Vennat

Dans d’autres pays, comme l’Australie, la congré­ga­tion a pourtant fait le choix de s’excuser. Et des enquêtes par­le­men­taires ont été menées en Australie, au Canada, aux Pays-Bas, qui ont abouti à des excuses et des indem­ni­sa­tions de victimes. « En France, c’est de la res­pon­sa­bi­li­té de l’État de conduire une enquête », estime David Niget.

Après des décennies de sourdine, la parole se libère lentement. Certaines sont parvenues à récupérer leur dossier et ont pu mieux com­prendre les raisons de leur placement. Souvent, elles ont cru que leur famille les avait aban­don­nées et elles s’aperçoivent que les sœurs leur ont sciemment caché les lettres de leurs parents. Et le sou­la­ge­ment fait place à la colère quand, sans y être préparées, elles découvrent les com­men­taires mal­veillants, voire haineux, des reli­gieuses à leur propos. « Les termes employés ne pour­raient plus s’employer aujourd’hui, admet sœur Marie-Paule Richard. Quand on disait qu’une fille était un peu débile, pares­seuse, c’était à pro­pre­ment parler du jugement. Mais il faut remettre dans le contexte, il y a soixante ans, on ne consi­dé­rait pas du tout les enfants comme on les considère aujourd’hui. Dans n’importe quelle ins­ti­tu­tion, des choses répré­hen­sibles ont été faites, on n’est pas les seules. »

La gestion des archives de la congré­ga­tion laisse penser qu’elles ne sont pas si sûres de leur bon droit. Dans les années 1990 et 2000, 8 000 dossiers ont été par­tiel­le­ment détruits. Incompétence ou intention mal­veillante ? « Je pense que, à un moment ou un autre, ces archives ont été consi­dé­rées comme pro­blé­ma­tiques, estime l’historien David Niget. Mais je ne suis pas capable d’établir la preuve de leur des­truc­tion. »

Les reli­gieuses exercent un contrôle drastique sur ces archives. Alors que la loi les oblige à les rendre acces­sibles, elles ont pratiqué la rétention jusqu’en 2020, freinant la remise de dossiers à d’anciennes pen­sion­naires et refusant l’accès à la plupart des chercheur·euses et des jour­na­listes. Il existe une quantité énorme d’archives, rigou­reu­se­ment tenues par les sœurs. Les archives dépar­te­men­tales sont censées garantir leur ouverture mais n’ont pas la place de les accueillir et ferme les yeux sur cette politique de rétention. Les Filles du Bon Pasteur ne comptent pas en rester là. 

« Nous voulons une réha­bi­li­ta­tion morale pour l’ensemble des filles, un pardon franc et honnête et un dédom­ma­ge­ment pour le travail et la mal­trai­tance », reven­dique Éveline Le Bris. « Nous allons faire pression via notre avocat et la presse, renchérit Marie-Christine Vennat. Tout le monde saura ce que les sœurs ont fait dans les années 1960 et bien avant. » •

Filles « incorrigibles » : plus d’un siècle
de « correction » patriarcale et religieuse

1835

Sœur Marie-Euphrasie Pelletier crée la congré­ga­tion des sœurs de Notre-Dame-de-Charité-du-Bon-Pasteur, à Angers, pour éduquer les jeunes filles des classes popu­laires jugées « incorrigibles ».

1945

Réforme de la justice des mineur·es. Le Code civil de 1804 per­met­tait au père de famille de placer ses enfants indiscipliné·es dans des maisons de cor­rec­tion (dont le Bon Pasteur). Cette pré­ro­ga­tive est trans­fé­rée au juge pour enfants qui décide seul de l’enfermement sans besoin de prouver qu’il y a eu délit.

1958

Ordonnance sur « l’enfance en danger » : le magistrat peut doré­na­vant prendre des mesures de pro­tec­tion des mineur·es qu’il juge vul­né­rables. Les pla­ce­ments des filles, consi­dé­rées comme plus fragiles que les garçons, explosent.

2019

Premières excuses de la congré­ga­tion française dans Le Courrier de l’Ouest. 

  • 1
    Le prénom a été modifié.
  • 2
    Véronique Blanchard, Vagabondes, voleuses, vicieuses. Adolescentes sous contrôle de la Libération à la libé­ra­tion sexuelle, éditions François Bourin, 2019
  • 3
    « Là où l’objectif était de retrouver la joie de vivre et la dignité per­son­nelle, nous recon­nais­sons que des com­por­te­ments inadaptés sont parfois venus ternir des inten­tions louables. Je le regrette et demande pardon pour ces attitudes qui ont provoqué incom­pré­hen­sion et souf­france. » Patricia Diet, citée par Vincent Boucault, « Angers : d’anciennes pen­sion­naires du Bon Pasteur victimes de mal­trai­tance », Le Courrier de l’Ouest, 25 novembre 2019.
Sarah Boucault

Journaliste basée à Lorient, elle s’intéresse aux sujets en lien avec la mort : de la fin de vie au deuil en passant par le domaine funéraire. Titulaire d’un master de Genre, les sujets féministes sont au cœur de ses préoccupations. Voir tous ses articles

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