Aix 1977, quand le Mlac faisait le procès de la loi Veil

En 1977, six mili­tantes du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contra­cep­tion (Mlac) d’Aix-en-Provence sont inculpées pour avoir aidé une mineure à avorter. Le jour du procès, une grande mani­fes­ta­tion orches­trée dans l’esprit créatif des années 1970 trans­forme cette audience en une tribune politique à charge contre la loi Veil de dépé­na­li­sa­tion de l’a­vor­te­ment jugée trop timorée. 
Publié le 23/01/2026

Modifié le 26/01/2026

Le 10 mars 1977, devant le palais de justice d’Aix-en-Provence, les manifestant·es venu·es soutenir les six mili­tantes du Mlac inculpées pour pratique illégale d’interruption volon­taire de grossesse (IVG) célèbrent le jugement à l’issue du procès. Jacques Windenberger / Saif Images

Retrouvez cet article dans la revue La Déferlante n°21 Obtenir justice, parue en février 2026. Consultez le sommaire

C’est l’histoire d’un procès passé sous les radars de la mémoire col­lec­tive mais qui a suscité une impor­tante mobi­li­sa­tion au-delà du cadre judiciaire. 

Riche d’archives, ce pan de l’histoire des fémi­nismes a été minu­tieu­se­ment recons­ti­tué par la socio­logue Lucile Ruault dans sa thèse et dans de nombreux articles, sur lesquels nous nous appuyons ici. Le 10 mars 1977, une mani­fes­ta­tion se tient dès 8 heures devant le palais de justice d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) à l’ouverture du procès de Guilaine Enoc, Nicolle Grand, Brigitte Mention, Marie Fabiao, Annie Blettery et Ursula Blandin. Ces six mili­tantes du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contra­cep­tion (Mlac) d’Aix-en-Provence sont pour­sui­vies pour pratique illégale d’interruption volon­taire de grossesse (IVG) : deux ans aupa­ra­vant, elles ont aidé C. (restée anonyme), une ado­les­cente de 17 ans, à avorter. La plainte a été déposée par le père de la jeune fille après son hos­pi­ta­li­sa­tion à la suite de com­pli­ca­tions médicales.

De gauche à droite, Guilaine Enoc, Annie Blettery, Nicolle Grand, Marie Fabiao, Brigitte Mention et Ursula Blandin, militantes du Mlac d’Aix-en- Provence, dans les locaux du comité à la Commune (lire l’encadré ci-dessous) , avant leur procès pour pratique illégale d’IVG le 10 mars 1977. AFP
De gauche à droite, Guilaine Enoc, Annie Blettery, Nicolle Grand, Marie Fabiao, Brigitte Mention et Ursula Blandin, mili­tantes du Mlac d’Aix-en- Provence, dans les locaux du comité à la Commune (lire l’encadré ci-dessous) , avant leur procès pour pratique illégale d’IVG le 10 mars 1977. AFP

Si, depuis sa pro­mul­ga­tion en janvier 1975, la loi Veil dépé­na­lise les avor­te­ments réalisés dans un éta­blis­se­ment hos­pi­ta­lier1La loi Veil est adoptée à titre expé­ri­men­tal pour cinq ans, et recon­duite sans limite de temps en 1979., elle n’en facilite pas pour autant l’accès à toutes : à cause du coût élevé des hono­raires et frais d’hospitalisation2Il faut attendre 1982 pour une prise en charge des IVG par la Sécurité
sociale.
– de nom­breuses cliniques privées sur­fac­turent alors les IVG –, et parce qu’elle exclut les mineures et les étran­gères qui ne rem­plissent pas certaines condi­tions3Ce n’est qu’en 2001 que la loi ouvre l’accès à l’IVG à toutes les femmes sans condition de titre de séjour et de résidence, ainsi qu’aux mineures sans l’autorisation d’un·e parent ou représentant·e légal·e.. Pour avoir poursuivi la pratique libre et autogérée des avor­te­ments en dehors du cadre légal, les mili­tantes du Mlac d’Aix sont jugées en appli­ca­tion de l’article 317 du Code pénal4Cet article punit de peines de prison et d’amendes le fait de subir, de pratiquer ou d’aider un avor­te­ment. Il ne sera pas reconduit dans le nouveau Code pénal de 1992. : elles risquent dix ans de prison. Dans l’esprit liber­taire des années 1970, les « filles d’Aix », comme on les appelle alors, décident d’organiser un grand ras­sem­ble­ment populaire, pacifique et festif pour faire de ce procès une tribune politique. Leur objectif : juger la loi et sortir libres du tribunal.

Depuis sa création en 1973, le Mlac a ouvert le débat public sur la libé­ra­li­sa­tion de l’avortement. Des comités sont créés partout en France pour organiser des avor­te­ments col­lec­tifs et soli­daires à domicile. Médecins et ­non-médecins apprennent la méthode d’avortement par aspi­ra­tion, réputée simple, sûre et acces­sible. Elle est inspirée d’une pratique ancienne, améliorée et diffusée par le psy­cho­logue états-unien Harvey Karman. Après la pro­mul­ga­tion de la loi Veil, la lutte perd en intensité mais pour une partie des militant·es, la loi reste incom­plète. « Elle cherche surtout à dissuader les femmes d’avorter. Elle tolère quelques avor­te­ments en hôpitaux : 24 000 avor­te­ments légaux en six mois, alors qu’il y avait 800 000 avor­te­ments par an quand c’était interdit, cette loi n’est pas la nôtre, et si nous faisions la loi ? », s’indigne le Mlac d’Aix dans un des nombreux tracts dis­tri­bués après les premières incul­pa­tions, en 1977. Les centres d’IVG peinent à ouvrir et la clause de conscience, qui autorise les soignant·es à refuser de pratiquer une IVG, apporte un soutien aux médecins réfrac­taires. Face à une demande qui reste forte, certains comités, dont celui d’Aix, décident de pour­suivre leurs activités.

La force du collectif

Le Mlac aixois a une histoire par­ti­cu­lière. Il naît en 1973 au sein de la Commune, un groupe d’hommes et de femmes qui expé­ri­mente le rap­pro­che­ment du politique et de l’intime dans un grand mas du quartier de Pey Blanc à l’ouest d’Aix-en-Provence (lire l’encadré ci-dessous). Ses membres y accueillent des consul­ta­tions col­lec­tives, des séances de formation à la contra­cep­tion, des avor­te­ments autogérés, puis des accou­che­ments. En 1977, au moment du procès, trois des inculpées y résident. L’une d’elles, Guilaine Enoc, est aujourd’hui revenue s’installer près du mas, resté propriété col­lec­tive, où vivent ses enfants et petits-enfants. À La Déferlante, elle explique : « À la Commune, c’était cultu­rel­le­ment très intense avec de nombreux temps de lectures col­lec­tives et d’échanges. Nous faisions le tour des Mlac, les accueil­lions, orga­ni­sions des voyages à l’étranger. Avec les Suisses et les Italiennes, nous avons découvert le mouvement self-help initié aux États-Unis. » Le self-help, mouvement né dans les années 1960, prône la réap­pro­pria­tion par les femmes des savoirs et des gestes médicaux sur les corps féminins alors détenus par le pouvoir médical, majo­ri­tai­re­ment masculin.


Soazig Héaulme, ren­con­trée chez Guilaine Enoc, est une enfant qui a été éduquée dans l’utopie concrète des « com­mu­nardes ». Fille d’une militante du Mlac de la Commune, elle vivait avec ses parents dans une com­mu­nau­té anar­chiste voisine. Elle se souvient du procès : « Avec d’autres jeunes, nous étions au premier rang de la foule ras­sem­blée devant le tribunal. »

À 18 ans, elle mène le dernier avor­te­ment collectif de la com­mu­nau­té. « À 14 ans, j’ai créé avec ma sœur le “Petit Mlac” pour les jeunes filles. Nous avions un fort besoin d’information, notamment sur la contra­cep­tion. J’ai aussi appris les tech­niques abortives au même âge. Nous étions très bien formées, les actes étaient maîtrisés et les femmes allaient toujours consulter un médecin [pour confirmer la date de début de grossesse]. Nous par­ti­ci­pions à un rêve social. »

Dans le livre tiré de sa thèse, Le spéculum, la canule et le miroir. Avorter au MLAC, une histoire entre féminisme et médecine (ENS Éditions, 2023), la socio­logue Lucile Ruault éclaire l’histoire des comités du Mlac « dis­si­dents » qui, après la loi Veil, conti­nuent de s’engager pour l’autonomie abortive, la démé­di­ca­li­sa­tion et la maîtrise par des femmes non médecins des actes comme l’avortement, l’accouchement ou les examens gyné­co­lo­giques. Dans une interview donnée à la socio­logue, Guilaine Enoc transmet son enga­ge­ment : « Nous, c’était l’optique… de trans­for­mer le monde ! Je pense qu’on ne pouvait pas envisager d’abandonner ce qu’on avait découvert : la puissance du collectif en même temps que la prise en charge totale de nous-mêmes5Lucile Ruault, «Guilaine Enoc, militante du MLAC à Aix et à Lyon dans les années 1970–1980. En quête d’autonomie», Nouvelles Questions fémi­nistes, volume 35, 2016.. »

Quand tombent les premières inter­pel­la­tions après la plainte du père de C., en 1976, les mili­tantes aixoises consi­dèrent que c’est le Mlac dans son inté­gra­li­té qui est menacé. Elles veulent un procès national et une fête populaire. Le débat s’engage autour de la dépar­ti­cu­la­ri­sa­tion des pour­suites judi­ciaires. Elles choi­sissent col­lec­ti­ve­ment qui sera inculpée en trans­met­tant à la justice le nom des femmes qui auraient été présentes lors de l’avortement. En parallèle, elles lancent une vaste campagne d’information sur tout le ter­ri­toire. Les positions au sein des Mlac ne sont pas unanimes. La plupart des mili­tantes veulent s’engager dans des centres publics hos­pi­ta­liers, alors que les comités « dis­si­dents » s’inquiètent que la structure nationale se contente trop faci­le­ment de la loi Veil.

La Commune : le terreau utopique du Mlac d’Aix

La Commune est un groupe de militant·es issu·es du PSU (Parti socia­liste unifié, né de la fusion de courants socia­listes, paci­fistes et auto­gestionnaires) et du Planning familial ayant quitté leur pro­fes­sion pour s’immerger dans le milieu ouvrier. Elles et ils s’installent en 1970 dans une bastide pro­ven­çale, le mas Lieutier, dans un faubourg d’Aix-en-Provence. La Commune se construit en rupture avec le modèle familial tra­di­tion­nel : le quotidien s’organise autour du partage des tâches et d’une mise en commun globale (des enfants, de l’argent, de la propriété, etc.). Les couples s’ouvrent.

Dans les années 1970, les membres de la Commune aban­donnent le PSU et créent une ­antenne du Mlac : « Nous voulions être dans l’agir et ne pas rester dans la théorie », se ­souvient Guilaine Enoc. Trois d’entre elles et eux
se ­forment à la méthode par aspi­ra­tion auprès de médecins mar­seillais. Avec le Mlac, les femmes viennent en nombre au mas Lieutier : certaines s’installent un temps. 

Rapidement, les hommes ne par­ti­cipent plus aux avor­te­ments. Ceux-ci s’enchaînent (jusqu’à 4 à 6 par semaine), puis les accou­che­ments. Toutes les femmes qui avortent ne sont pas engagées poli­ti­que­ment, mais plusieurs reviennent, encou­ra­gées à apprendre les gestes et par­ti­ci­per à leur tour. Dans ses supports de com­mu­ni­ca­tion de 1977, consul­tables aux ­archives dépar­te­men­tales de Marseille, le comité du Mlac d’Aix affirme avoir pratiqué
plus de 900 avortements.

Déterminées, les « filles d’Aix » se lancent dans un tour de France des groupes fémi­nistes et des Mlac, pro­duisent des plai­doyers, des dossiers de presse et lancent des pétitions pour mobiliser l’opinion publique autour du procès. La presse engagée, nationale comme régionale, les soutient. Les « com­mu­nardes » invitent le réa­li­sa­teur militant Yann Le Masson à filmer un accou­che­ment pour réaliser un « film tract ». En montrant qu’elles intègrent la naissance à leurs pratiques, elles veulent rompre avec l’image d’avorteuses et replacer au centre du débat la démo­cra­ti­sa­tion de la médecine, l’égalité de l’accès aux soins.

Réconciliation entre MLAC

Leur campagne fonc­tionne : la plupart des comités locaux du Mlac et le comité national se récon­ci­lient. Le procès sera celui du mouvement et de toutes les femmes qui avortent encore en dehors des hôpitaux. Les « filles d’Aix » reçoivent un large soutien de la part de particulier·es, de militant·es et de syndicats. Leur défense s’élabore avec six avocates mili­tantes (restées anonymes) qui décident de ne pas plaider durant l’audience pour laisser toute la place aux témoi­gnages des nom­breuses femmes appelées à s’exprimer devant le tribunal. « Plaider, c’était recon­naître notre culpa­bi­li­té per­son­nelle. Nous voulions une réponse col­lec­tive », rapporte Guilaine Enoc.

Le 10 mars 1977, jour du procès, dif­fé­rents espaces de ren­contres et d’échanges sont organisés dans la ville où se réunissent plus de 4 000 manifestant·es. « La justice est foutue, les sorcières sont dans la rue ! », « Mlac, Mlac, Mlac, ce n’est qu’un début, le combat continue » : les chants accom­pagnent les accusées jusque dans le tribunal. « Nous avions la boule au ventre, se souvient Guilaine Enoc. La salle était bondée, de nom­breuses femmes ont témoigné, c’était poignant. Certaines ont détaillé tout le procédé [d’avortement] en sortant les ins­tru­ments. Le procureur général pleurait presque. » La presse de l’époque relate comment, à la barre, les médecins sympathisant·es se succèdent et expliquent moins bien maîtriser la pratique par aspi­ra­tion que les mili­tantes du Mlac. Des per­son­na­li­tés comme Simone Iff, pré­si­dente du Mouvement français pour le planning familial, dénoncent une loi injuste.

Pendant les pauses, les inculpées expliquent par haut-parleur dans la rue ce qui se passe à l’intérieur du tribunal. Des comédien·nes venu·es en soutien rejouent les scènes en les cari­ca­tu­rant. Le procès se trans­forme en « meeting permanent et coloré où on s’embrasse et où les hommes souvent seuls sont venus en sym­pa­thi­sants », décrit un jour­na­liste dans un article consul­table aux archives dépar­te­men­tales de Marseille.

En fin de journée, la justice aura entendu les inculpées et la rue : le délit d’exercice illégal de la médecine n’est pas retenu et celui de tentative d’avortement et com­pli­ci­té est assorti de cir­cons­tances atté­nuantes. Il vaut un mois de prison avec sursis à Marie Fabiao, et deux mois avec sursis à Guilaine Enoc, Brigitte Mention, Annie Blettery, Ursula Blandin et Nicolle Grand. Ce soir-là, la foule ne veut plus quitter le centre d’Aix. Cet épisode participe d’un sursaut au sein du Mlac et de la poursuite de l’avortement libre. À Lyon, où Guilaine Enoc s’investira par la suite, elle cofondra le Mlaac en intégrant un second « a » pour « accou­che­ment » à l’acronyme his­to­rique. Dans l’interview qu’elle avait donnée à Lucile Ruault, elle revient sur cette évolution : « Nous avons toujours fait le lien entre avor­te­ment, accou­che­ment et éducation des enfants. […] On a commencé à se dire qu’on pouvait aussi prendre en charge ça, qu’on pouvait réfléchir sur la façon dont les femmes pouvaient se saisir plei­ne­ment de cet acte de naissance, acte extra­or­di­naire et puissant. » L’acte d’accoucher est proposé comme un savoir à réap­prendre et un moment intime autogéré et porté par le groupe.

Longtemps après le dernier avor­te­ment, le Mlac d’Aix-en-Provence s’éteint pro­gres­si­ve­ment au milieu des années 1980. Plus récemment, en 2012, les anciennes mili­tantes ont confié leurs archives aux archives dépar­te­men­tales de Marseille. Près de cinquante ans après le procès d’Aix, Guilaine Enoc regrette l’effacement de la mémoire col­lec­tive du Mlac : « Nous n’avons pas su trans­mettre ! » Lucile Ruault parle de l’« histoire des possibles non advenus » des Mlac dis­si­dents. Interrogée pour cet article, la socio­logue explique qu’en France « les médecins ont conservé la main sur les actes abortifs. Le mouvement [self-help] n’a donné lieu à aucun mouvement populaire de santé ni d’engagements fémi­nistes sur les pratiques sur les corps », contrai­re­ment à ce qu’elle constate dans les pays voisins ou aux États-Unis.

Photographie issue du film Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson : des militantes du Mlac accompagnent une femme enceinte. Le comité d’Aix-en-Provence organisait à la fois des consultations collectives, des séances de formation à la contraception, des avortements autogérés et des accouchements. Collections La Cinémathèque de Toulouse
Photographie issue du film Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson : des mili­tantes du Mlac accom­pagnent une femme enceinte. Le comité d’Aix-en-Provence orga­ni­sait à la fois des consul­ta­tions col­lec­tives, des séances de formation à la contra­cep­tion, des avor­te­ments autogérés et des accou­che­ments. Collections La Cinémathèque de Toulouse

Pourtant, les archives du procès sont abon­dantes et vibrent d’un enchan­te­ment conta­gieux. Le film de Yann Le Masson Regarde, elle a les yeux grand ouverts (Les Films grain de sable, 1982), réalisé à partir des images du procès et de la Commune, circule de nouveau dans des cercles fémi­nistes où le self help est redé­cou­vert à l’aune de l’avancée des déserts médicaux. Une nouvelle vague éco­fé­mi­niste prône la réap­pro­pria­tion des savoirs et tech­niques du corps et les valeurs d’autonomie face au système industrialo-capitaliste et patriar­cal. En fin de compte, pour Lucile Ruault, ce procès à « forte tonalité émotive » est resté « l’un des seuls moments d’affirmation publique, en France, d’une visée d’autonomie féministe dans l’avortement et divers soins gyné­co­lo­giques6 Lucile Ruault, «Une fête pour l’avortement libre. La mobi­li­sa­tion autour du procès des mili­tantes du MLAC d’Aix (1976–1977)», Genèses, no 107, 2017.». Ces récits, encore bien vivants, rap­pellent la force col­lec­tive des com­mu­nau­tés de femmes des années 1970 et poli­tisent une nouvelle fois la question de la maîtrise des pratiques cor­po­relles par les femmes, pour les femmes. •

  • 1
    La loi Veil est adoptée à titre expé­ri­men­tal pour cinq ans, et recon­duite sans limite de temps en 1979. ↩︎
  • 2
    Il faut attendre 1982 pour une prise en charge des IVG par la Sécurité
    sociale. ↩︎
  • 3
    Ce n’est qu’en 2001 que la loi ouvre l’accès à l’IVG à toutes les femmes sans condition de titre de séjour et de résidence, ainsi qu’aux mineures sans l’autorisation d’un·e parent ou représentant·e légal·e. ↩︎
  • 4
    Cet article punit de peines de prison et d’amendes le fait de subir, de pratiquer ou d’aider un avor­te­ment. Il ne sera pas reconduit dans le nouveau Code pénal de 1992. ↩︎
  • 5
    Lucile Ruault, «Guilaine Enoc, militante du MLAC à Aix et à Lyon dans les années 1970–1980. En quête d’autonomie», Nouvelles Questions fémi­nistes, volume 35, 2016. ↩︎
  • 6
     Lucile Ruault, «Une fête pour l’avortement libre. La mobi­li­sa­tion autour du procès des mili­tantes du MLAC d’Aix (1976–1977)», Genèses, no 107, 2017. ↩︎
Catherine Jauffred

Journaliste indépendante et ethnographe, engagée dans un groupe écoféministe et au sein de l’association Frangines, elle a cofondé un lieu solidaire d’accueil des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles en milieu rural en Occitanie. Elle a écrit l’histoire du procès des militantes du Mlac d’Aix-en-Provence. Voir tous ses articles

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