Elle vide d’une traite le contenu du verre. Derrière elle, une dizaine de femmes, habillées de grandes vestes brodées, les bras et le visage décorés de motifs, reproduisent l’une après l’autre ce geste.
Au fond du godet qu’elles reposent sur la grande table en bois, quelques gouttes d’une boisson brune : ce breuvage hallucinogène nommé ici « nixi pae » (plus connu en Amérique du Sud sous le nom d’« ayahuasca ») est consommé par les Indigènes d’Amazonie (1) dans le cadre d’une cérémonie rituelle qui débute tout juste. Le calme de la clairière est soudain rompu : au son des guitares, les femmes mêlent leurs voix et se lancent à l’unisson dans une ronde.Projetées sur un drap blanc tendu faisant office d’écran, les silhouettes des danseuses illuminent les visages de l’auditoire. Une trentaine de spectatrices sont rassemblées dans la grande pièce aux murs de bois et au toit de tôle où les habitant·es du village de Mucuripe, en pleine forêt amazonienne, ont l’habitude de se réunir. Elles regardent défiler les plans qu’elles ont tournés la veille, dans le cadre d’un atelier de cinéma en non-mixité qui a commencé quelques jours plus tôt. Au premier rang, derrière le vidéoprojecteur, l’anthropologue Sophia Pinheiro, l’une des intervenantes de l’atelier, égraine les commentaires : « Super, ce plan en mouvement ! », « Là, tu pouvais remonter un peu, tu lui as coupé la tête »…
Les participantes acquiescent. Parmi elles, Lira de Lima Kaxinawá. Au sein du réseau informel que constituent les femmes des aldeias (2) de la terre indigène Praia do Carapanã (3), cette célibataire, mère de deux enfants, a endossé, à son propre étonnement, la fonction de « liderança », de « meneuse » : « Je n’avais jamais imaginé que je deviendrais liderança. Je pensais que je me marierais et que je resterais à la maison pour m’occuper de mes enfants, car c’est ainsi que ma mère m’a élevée », raconte la trentenaire discrète. Pourtant, c’est elle qui a lancé l’idée d’organiser un atelier de cinéma qui permettrait aux femmes de la communauté de documenter en images leur travail et leur vie quotidienne, et qui est allée démarcher une ONG susceptible de l’animer, l’institut Catitu.
Pendant un atelier de prise de vue. Luciana de Lima Kaxinawá, 21 ans, derrière la caméra, suit des études d’infirmière à distance.
À la découverte du matériel audiovisuel
Depuis l’une des fenêtres filtrant la pénombre du soir tombant, on aperçoit la végétation amazonienne se jeter dans le fleuve Tarauacá, seule porte d’entrée du village, situé à dix heures de bateau de la ville la plus proche. Deux semaines auparavant, c’est par ce petit port qu’ont débarqué les femmes venues de sept aldeias de la terre indigène. Âgées de 12 à 48 ans et issues de milieux ruraux, elles se sont extraites d’un quotidien rythmé par la cueillette, la cuisine, la pêche, la prise en charge du foyer et l’artisanat, pour être hébergées à Mucuripe, aux côtés des trois intervenantes de l’atelier, venues, elles, de grandes métropoles brésiliennes. Pour beaucoup des participantes, qui n’ont jamais quitté leurs familles, il s’agit d’une véritable aventure. « C’est la première fois que je pars de chez moi si longtemps. C’est difficile de laisser ma fille et mon mari, mais cet atelier est très important pour notre travail et nos idées », confie Maxi Maria Melo.
Dans les premiers jours, elles ont donc appris à appréhender le matériel audiovisuel et à découper un film en séquences, et une séquence en plans. Enchaînant les exercices de tournage devant et derrière la caméra, certaines quadragénaires réservées se sont révélées grandes actrices. Luciana de Lima Kaxinawá, qui, à 21 ans, suit en ligne des études d’infirmière, compare cette aisance avec celle qu’elle a constatée à travers son expérience de soignante au sein du village : « Quand j’ai pris mes fonctions, beaucoup de femmes n’osaient pas parler de leurs règles et de leurs grossesses, parce que le soignant était un homme et qu’elles en avaient honte. Je pense que les femmes parviennent à se détendre lorsque c’est une femme qui filme. » L’audiovisuel amène aussi les participantes à réfléchir aux rapports de genre. Dans l’un des ateliers, elles ont été invitées à adresser une lettre-vidéo aux hommes. Les revendications ont fusé : « Nous ne voulons pas de violence à la maison », « Nous voulons être libres », « Nous voulons être soutenues dans les tâches ménagères. »
Un moment de politisation
Cette approche féministe caractérise la méthode développée par l’institut Catitu. Chaque jour, des créneaux consacrés aux discussions politiques complètent les tournages. « Avant, les femmes ne pouvaient pas voter ni étudier. Ça, je ne le savais pas », raconte Txima Da Silva, une des participantes de 16 ans. « Tu es féministe ! », assène Viviane Hermida, la formatrice qui anime ces temps d’échanges. Le verbe haut, elle répète ce refrain à toute participante ayant le bonheur de croiser sa route. « J’ai le souci de ne pas apporter une idée blanche, occidentale, de la manière dont les relations entre les sexes devraient être, explique-t-elle. Je défends le fait que les points de vue de ces femmes soient davantage pris au sérieux par le mouvement et la théorie féministes. » Originaire de la ville de Salvador, dans le nord-est du Brésil, Viviane Hermida est ce que les habitantes du village nomment une nawa, c’est-à-dire une non-Indigène, comme les deux autres animatrices de l’institut Catitu présentes à Mucuripe. L’ONG affirme tenter de recruter au moins une intervenante indigène dans chaque session d’ateliers qu’elle organise, mais celles-ci sont trop peu nombreuses à être formées pour que leur présence soit systématique.
Pendant un atelier, les participantes apprennent à utiliser des micros et s’initient au son. Parmi elles : Txima Da Silva, 16 ans (en rouge sur la photo précédente)
Une fois la technique assimilée, les participantes échafaudent le film collectif dont le tournage clôt les deux semaines d’ateliers, et dont les rushes seront montés lors d’une seconde session. Après quelques débats, elles décident de se lancer dans un documentaire qui raconterait la préparation et le déroulement d’une cérémonie de nixi pae exclusivement féminine. Traditionnellement, ce rituel est préparé et dirigé par les hommes. S’en emparer et inscrire cet événement dans le 7e art est un geste fort pour les femmes de Mucuripe. « Avec cette cérémonie, on a un peu montré la transformation de la culture », explique Luciana de Lima Kaxinawá, qui qualifie pudiquement le film d’« un peu féministe ». Sophia Pinheiro est plus radicale : elle analyse leur choix comme un moyen de guérir le « traumatisme collectif de l’assujettissement et de la violence envers les femmes ».
Ce sont des formations comme celle dispensée à Mucuripe qui ont permis la naissance d’un cinéma indigène brésilien. En 1986, le réalisateur franco-brésilien Vincent Carelli lance Vídeo nas aldeias (« vidéo dans les aldeias »), un projet audiovisuel qui, à partir de 1997, s’est transformé en école de cinéma consacrée aux Indigènes brésilien·nes. Lors des deux premiers mandats présidentiels de Lula, de 2003 à 2010, marqués par une politique de reconnaissance des droits des peuples indigènes, le renforcement des financements publics a permis de multiplier la tenue d’ateliers dans les villages. Généralement, le tournage était collectif et renforçait les liens sociaux. La paternité/maternité d’un film n’était pas attribuée à un·e réalisateur·ice, mais à une communauté.
Si ces stages de cinéma étaient a priori mixtes, les femmes s’en auto-excluaient par sentiment de non-légitimité et manque de maîtrise du portugais. Car dans les aldeias, ce sont les hommes qui traditionnellement prennent en charge la communication avec les non-Indigènes, qui se fait dans la langue officielle du Brésil. Pour Sophia Pinheiro, qui a établi une chronologie des films dirigés par des femmes indigènes, le premier film coréalisé par une femme, Natuyu Yuwipo Txicão, remonte à 2001. Les enfants ikpeng s’adressent au monde (35 min) prend la forme d’une lettre d’enfants indigènes qui présentent leur mode de vie. Aucune œuvre ne sera plus produite par une réalisatrice avant 2009. Cette année-là, Mari Corrêa, la codirectrice de Vídeo nas aldeias crée sa propre ONG, l’institut Catitu, pour lever cette barrière symbolique, dans une optique féministe. « J’ai développé une méthode pour attirer les femmes vers ces stages : se passer des hommes », raconte avec humour l’ancienne monteuse de cinéma. À Mucuripe, Luciana de Lima Kaxinawá confirme que l’intuition était bonne : « Je me sens plus à l’aise dans un atelier réservé aux femmes. Lorsqu’un atelier audiovisuel a été organisé dans le village, il était destiné à tout le monde, mais seuls les hommes s’y sont inscrits. Ils participent davantage. Je me sentirais contrainte en leur présence. »
Enchaînant les exercices de tournage devant et derrière la caméra, certaines participantes se sont révélées grandes actrices.
Multiplier les récits décoloniaux
Depuis la création de ces stages non mixtes, les femmes s’emparent peu à peu du médium cinématographique. Issues des diverses ethnies indigènes du Brésil – Guarani, Maxakali, Tupinambá, Pataxó Hã-hã-hãe… –, certaines d’entre elles s’émancipent même du cinéma amateur tel qu’il est pratiqué dans les ateliers collectifs pour signer leurs propres films, en continuant d’explorer le genre documentaire ou en s’orientant vers la fiction ou le cinéma expérimental. On peut citer Graciela Guarani, dont le film Meu sangue é vermelho (2019, 87 min), primé plusieurs fois à l’international, suit un jeune rappeur qui tente de comprendre la violence exercée contre des peuples indigènes ; Patrícia Ferreira Pará Yxapy, une documentariste qui a travaillé avec des cinéastes inuits canadien·nes (lire l’encadré p. 31) ; Sueli Maxakali, qui aime croiser les arts plastiques et le cinéma ; ou encore Olinda Tupinambá, qui s’est formée à la fin de ses études de journalisme aux côtés de son mari, photographe.
Ces derniers temps, Sophia Pinheiro a relevé un pic de production de réalisatrices : parmi la trentaine de films indigènes produits en moyenne chaque année, treize étaient signés par des femmes en 2020, dix en 2021. Elle analyse cette dynamique comme une réponse à un gouvernement d’extrême droite – celui de Jair Bolsonaro, président de 2019 à 2022 – et une volonté de multiplier les récits décoloniaux.
Lira de Lima Kaxinawá (au premier plan) participe à l’atelier et sert d’interprète entre le portugais et le hãtxa kuï, la langue parlée par le peuple Huni Kuin.
Comme leurs homologues masculins, les réalisatrices de films indigènes mettent au cœur de leur travail la lutte pour le territoire et celle pour l’environnement. Ainsi, dans ses courts-métrages Kaapora. O chamado das matas (2020) et Equilíbrio (2020), Olinda Tupinambá évoque le personnage de la Kaapora, une figure indigène mythique de gardienne de la forêt : « J’ai voulu réactiver la mémoire collective de cette entité protectrice, qui était là pour maintenir l’équilibre entre les êtres humains et l’environnement », me raconte la cinéaste avec qui je m’entretiens en visio à mon retour de Mucuripe.
La spécificité des films produits par les femmes repose sur l’exploration de l’intime : la vie domestique, la relation aux enfants, l’expérience quotidienne de la violence masculine, la place laissée à l’expression des sentiments. Pour Sophia Pinheiro, ce cinéma donne une place primordiale à des histoires longtemps considérées comme mineures. « Comme dans le mouvement féministe, une sorte de torsion narrative s’est opérée dans le cinéma indigène, transformant ce qui est de l’ordre du privé en quelque chose de collectif », analyse-t-elle avant d’ajouter : « Il s’agit de re-signifier cette place de la maison en tant que groupe politique. » À Mucuripe, la liderança des femmes de Praia do Carapanã, Lira de Lima Kaxinawá ne dit pas autre chose : « En fait, toutes les femmes sont des leadeuses. À la maison, ce sont elles qui dirigent. »
« Nous, les Indigènes, nous avons notre propre conception de la réalisation d’un film. Je pense que filmer est un peu similaire à l’artisanat que nous produisons déjà. »
Sueli Maxali, réalisatrice
Des films fabriqués comme des bracelets
Formellement, cela se traduit, selon Sophia Pinheiro, par « un cadrage plaçant la personne qui filme au même niveau que la personne filmée », et par une caméra physiquement proche des sujets plutôt que tenue à distance et utilisée en mode zoom. « Les films produits par ces femmes n’ont pas de pudeur à montrer le corps féminin ou l’allaitement », ajoute-t-elle. Par exemple, dans son long-métrage Ibirapema (2022, 50 min), Olinda Tupinambá met en scène avec simplicité un couple cuisinant nu à l’ombre de leur maison au toit de feuilles. Ses plans ne cherchent ni à dissimuler ni à sexualiser cette nudité. « Le corps est vu naturellement, sans insinuation », explique la cinéaste, qui partage sa vie entre son aldeia et une ville de l’État de Bahia, au centre-est du Brésil.
Ces innovations formelles qui reflètent une approche à la fois décoloniale et antipatriarcale amènent à repenser la notion même de film. La réalisatrice Sueli Maxakali entrevoit ainsi la création cinématographique comme la fabrication d’un bracelet traditionnel : elle suit ses propres intuitions et certitudes plutôt qu’un scénario préétabli. « Nous, les Indigènes, nous avons notre propre conception de la réalisation d’un film. Filmer est un peu similaire à l’artisanat que nous produisons déjà », confiait-elle à Sophia Pinheiro lors d’un entretien que la chercheuse a retranscrit dans sa thèse. « C’est une manière de penser ancrée dans la pratique, le travail manuel », considère l’universitaire. Elle compare l’inventivité du cinéma indigène avec celle des débuts du 7e art en Europe à la fin du xixe siècle. Comme ceux des réalisateur·ices français·es d’alors, Alice Guy ou Georges Méliès, les films indigènes sont « très liés à l’expérimentation, à la spontanéité, à l’utilisation du langage cinématographique comme de la magie », explique-t-elle.
Les rushes sont projetés et commentés collectivement tout au long de la journée. Les enfants profitent de la séance, cachés derrière l’écran de cinéma, un grand drap tendu dans la salle communautaire du village.
Sur le drap tendu dans la grande salle commune du village de Mucuripe, la lumière s’éteint soudainement. « The End » ? Non. Une coupure de courant due à une surcharge électrique. Elle sonne ici comme un rappel des conditions précaires – électricité et connexion instables, manque d’équipements… – qui caractérisent le cinéma indigène. A fortiori quand il est réalisé par des femmes, même celles qui, avec quelques œuvres à leur actif, bénéficient de ressources socio-économiques plus solides que les femmes de Mucuripe, comme Olinda Tupinambá : « On doit encore choisir entre acheter une caméra ou nourrir notre famille », déplore la réalisatrice, qui parvient néanmoins à tirer la plupart de ses revenus de son activité artistique.
Pour cette raison, l’institut Catitu fait toujours don de matériel audiovisuel aux villages ayant participé aux ateliers. « Les gens romantisent parfois le cinéma indigène. Ils pensent que, puisque c’est un cinéma de guérilla, nous devons tout faire nous-mêmes, constate Olinda Tupinambá. Mais dans le cinéma des Blancs, il y a assez d’argent pour payer une équipe. » Il en va de même pour la diffusion-distribution des films : à l’écart des grands circuits commerciaux, elle a lieu au sein des réseaux indigènes, des universités et parfois de la télévision. Les copies des films passent rarement le sas des salles obscures. D’une voix calme mais décidée, Olinda Tupinambá, défricheuse d’un cinéma encore en construction, réaffirme l’importance du regard des femmes indigènes : « Nous pouvons et devons trouver notre place » au sein d’une industrie caractérisée par l’entre-soi et une hégémonie blanche et masculine. « Sinon, quelles histoires seront racontées ? »
Depuis 2023, un réseau de femmes indigènes cinéastes lancé par l’institut Catitu vise à consolider cette verve créatrice. Le collectif Katahirine, dont le nom signifie « constellation » dans la langue du peuple manchineri, veut répertorier les réalisatrices ayant produit au moins un film et leur offrir une plateforme d’entraide pour mieux présenter les financements publics existants et qu’elles puissent y prétendre. À Mucuripe, assise sur le plancher de bois de sa petite cuisine, Luciana de Lima Kaxinawá s’exclame : « Les hommes ont cette façon de dire : “Écoutez, je peux tout faire tout seul.
Je ne dépends de personne.” Et les femmes, non. Les femmes sont là ensemble. Notre cinéma, c’est un cinéma de l’union. » •
Le cinéma indigène, un mouvement transnational
Dès sa naissance, le cinéma indigène brésilien établit des liens avec celui d’autres peuples natifs du continent américain. Il s’inscrit dans un mouvement d’indigénisme transnational, qui vise à promouvoir les intérêts de populations spoliées depuis des siècles par les Blanc·hes. Le projet Vídeo nas aldeias entretient ainsi des liens avec le programme canadien Wapikoni Mobile, qui promeut lui aussi la production de films émancipés de représentations hégémoniques. Mais l’avènement du cinéma autochtone canadien intervient plus tôt et dans un contexte bien différent. L’Office national du film du Canada lance dès les années 1960 le programme Challenge for Change, visant à rendre disponibles des moyens de production cinématographique pour les communautés autochtones. Il s’agit alors de « créer la nation en donnant voix à ses différents éléments : les peuples autochtones, les francophones, les anglophones… », explique Isabelle St-Amand, assistante-professeure en littérature autochtone à l’université Queen’s, en Ontario. L’universitaire ajoute que « les femmes occupent une place centrale dans le cinéma autochtone » depuis ses prémices, avec notamment la figure incontournable d’Alanis Obomsawin, une artiste abénaquise ayant réalisé près de 50 documentaires, qui ont fait l’objet d’une rétrospective au Museum of Modern Art (MoMA) de New York en 2008.
Apolline Guillerot-Malick
Journaliste, photographe et vidéaste indépendante, installée au Brésil depuis 2022. Formée en histoire des arts, elle couvre des thématiques culturelles, féministes, écologiques et religieuses.
1. Descendant·es des ethnies qui peuplaient le Brésil avant la fin du xve siècle, les Indigènes représentent aujourd’hui 1,7 million de personnes, soit 0,83 % de la population.
2. L’aldeia, que l’on peut traduire par « village », est un mode d’organisation géographico-sociale propre aux peuples indigènes brésiliens. L’aldeia regroupe en général des personnes d’une même ethnie, ici les Kaxinawá, aussi appelés Huni Kuin.
3. Les terres indigènes sont des regroupements d’aldeias. Celle de Praia do Carapanã (d’une surface de 610 km², l’équivalent du Territoire de Belfort) a vu ses limites reconnues par l’État brésilien. D’autres sont en cours de démarcation.