Des attaques que plusieurs ministres ont finalement condamnées publiquement le lundi 30 mars, mais pas Aurore Bergé, pourtant chargée des discriminations au gouvernement. Ce silence politique assourdissant confirme la banalisation à vitesse grand V des idées racistes les plus primaires, ouvre grand les battants et confirme que, pour la majorité au pouvoir, l’extrême droite n’est plus – comme elle l’a longtemps été – un ennemi à combattre mais un partenaire politique tout ce qu’il y a de plus respectable.
👉🏻Dans cette newsletter, vous trouverez de quoi analyser l’actualité des derniers jours, comprendre les mécanismes du racisme et la banalisation des idées d’extrême droite, mais également riposter. Bonne lecture.
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Revue de presse
Peur profonde
zouz revient longuement sur la mécanique des discours racistes qui ont visé ces derniers jours les nouveaux maires racisés élus sous l’étiquette insoumise, principalement en Île-de-France. Ainsi, à Saint-Denis, l’élection de Bally
Bagayoko réveille d’après lui « les peurs profondes d’une partie de la classe médiatique et politique, qui voit pour la première fois un homme noir prendre la tête d’une ville de 150 000 habitant·es ».
🔍 Lire le billet sur le site de Mediapart
Un Noir
Dans une tribune publiée par Le Monde, la sociologue Solène Brun mobilise le concept d’assignation raciale conceptualisé par Frantz Fanon pour analyser le traitement politique et médiatique de la victoire électorale de Bally Bagayoko. Alors qu’il célèbre sa victoire à la mairie de Saint-Denis le 15 mars au soir, le nouvel élu « n’est plus l’enfant de Saint-Denis, l’ancien basketteur devenu entraîneur, le cadre à la RATP […]. Bally Bagayoko est un Noir. » En fin de compte, déplore la chercheuse : « Les accusations indignes qui visent Bally Bagayoko […] ne sont finalement qu’un symptôme de la période actuelle et de sa terrible inversion des valeurs. »
🖋️ À retrouver sur le site du Monde
Mépris de classe
Dans une interview donnée au quotidien L’Humanité, le sociologue Fabien Truong analyse le mépris de classe à l’œuvre dans les accusations de communautarisme portées sur les nouvelles équipes municipales, particulièrement en Seine-Saint-Denis. « Ce qui dérange les racistes, ce n’est pas que les immigrés ne s’intègrent pas, c’est qu’ils s’intègrent trop », affirme-t-il.
👷🏼 À lire sur le site de L’Humanité
Des frontières qui se ferment
Pendant que, en France, les attaques racistes pleuvaient sur les plateaux de télévision, jeudi 26 mars, le Parlement européen votait le durcissement de la politique migratoire de l’Union, ouvrant la possibilité d’incarcérer des mineur⋅es sans papiers et prévoyant l’ouverture, hors de ses frontières, de centres de détention pour y déporter des immigrant⋅es dépourvu⋅es de titre de séjour.
🕳️ Un article à retrouver sur le site du Monde
Les Étasunien⋅nes s’organisent
Une lueur d’espoir venue de l’autre côté de l’Atlantique ? Dans le magazine de critique sociale Contretemps, le syndicaliste étasunien Ramy Khalil revient sur la mobilisation conjointe et historique des syndicats et des mouvements antiracistes à Minneapolis contre l’ICE – la police anti-immigration –, et, désormais, dans tout le pays. Ensemble, ils appellent à une grève générale le 1er mai 2026 pour protester contre la politique raciste et impérialiste de Donald Trump.
🗽 À lire sur le média Contretemps
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On écoute
La vie en Noir·e
Dans cette série audio en quatre épisodes, à travers des entretiens et des archives, le journaliste Sébastien Thème nous plonge dans l’expérience quotidienne des personnes noires. Il y raconte les tensions, les blessures, mais également la diversité des vécus et la nécessaire reconstruction mémorielle face à l’héritage colonial. Autant d’aspects que le regard blanc refuse encore souvent de voir.

🎧 La série est disponible par ici
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On lit
La domination blanche
Dans La Domination blanche, les sociologues Solène Brun et Claire Cosquer inversent les termes de l’équation habituellement formulée, en particulier ces derniers jours dans les médias : ce ne sont pas les personnes racisées qui empêchent nos sociétés de fonctionner harmonieusement, mais bien le regard et, par-delà, la posture dominante des personnes blanches, présentée comme « l’ordre naturel des choses ». En d’autres mots : le racisme.
« À l’instar des sociologues qui s’attellent à l’analyse de la masculinité ou de celles et ceux qui se penchent sur les classes dominantes, écrivent les autrices en conclusion de leur essai, l’étude de la domination blanche suppose de retourner le regard scientifique vers l’exercice – quotidien, routinier – du pouvoir. » Un travail tant académique que militant dont l’essentiel, encouragent-elles, reste encore à mener.

📕 Solène Brun et Claire Cosquer, La Domination blanche, Éditions Textuel, 2024. 17,90 euros.
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On soutient
Une librairie antiraciste
Pensée comme un lieu d’accueil et d’éducation, Manyaya est une librairie indépendante exclusivement en ligne qui vient d’ouvrir ses portes. On y trouve tout type d’ouvrages pour s’éduquer sur les questions de discriminations racistes, ou pour approfondir ses connaissances. Et il y en a pour tous les âges et tous les styles : essais, guides pratiques, bandes dessinées, fictions, albums jeunesse.


