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Accepter que « Femme » n’est pas mon chemin

par

En 2020, Tal Madesta entame une tran­si­tion de genre. Pendant plu­sieurs mois, il oscille entre le sou­la­ge­ment et un ver­ti­gi­neux sen­ti­ment de vul­né­ra­bi­li­té. Mais cette épo­pée, pla­cée sous le signe de la ten­dresse amou­reuse, est d’abord celle d’une réap­pro­pria­tion de son corps.

Je lance un regard plein d’amertume vers mes robes courtes et mes vestes cin­trées. Quand je m’aperçois dans le miroir, je me scrute méti­cu­leu­se­ment, l’œil comme un cou­teau affû­té. Je palpe les muscles entre mes paumes, les fais rou­ler d’un doigt à l’autre. Je suis faite de coups de pin­ceau et de cos­tumes de théâtre : lorsque je pense à qui je suis, je ne vois qu’une actrice mal taillée pour son rôle. Joues far­dées, trait noir sans com­pro­mis bar­rant la pau­pière, odeur flo­rale capi­teuse qui émane du creux du cou. Mon corps ne m’appartient pas. Il s’agite en auto­mate selon ce que le reste du monde lui com­mande de faire. […]

 

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Retrouvez cet article dans la revue papier La Déferlante n°5, de mars 2021. La Déferlante est une revue trimestrielle indépendante consacrée aux féminismes et au genre. Tous les trois mois, en librairie et sur abonnement, elle raconte les luttes et les débats qui secouent notre société.