Les luttes antifascistes face au gouvernement Meloni

Le gou­ver­ne­ment italien a fait de la lutte contre l’antifascisme une priorité. La répres­sion des mou­ve­ments en soutien à la Palestine et aux centres sociaux menacés de fermeture assimile oppo­si­tion civile et menace à l’ordre public. Dans un contexte aussi répressif, s’agit-il encore de déso­béis­sance ? Comment les luttes se reconfigurent-elles face à ce gou­ver­ne­ment autoritaire ? 
Publié le 27/07/2026

Lors de la manifestation du 1er mai 2026, à Turin, des manifestant·es affrontent les forces de l’ordre pour rejoindre l’ancien centro sociale Askatasuna.
Lors de la mani­fes­ta­tion du 1er mai 2026, à Turin, des manifestant·es ont quitté le cortège principal et affrontent les forces de l’ordre pour rejoindre l’ancien centro sociale Askatasuna. Ce lieu autogéré incarnait l’antifascisme et l’anarchisme dans la ville.. Crédit : Mattia Rinaldi / NurPhoto via AFP

Retrouvez cet article dans la revue La Déferlante n°23 Désobéir, parue en septembre 2026. Consultez le sommaire.

Le 18 décembre 2025, à l’aube, près de deux cents policier·es sont déployé·es sur ordre du ministère de l’Intérieur du gou­ver­ne­ment de Giorgia Meloni, dans le quartier de Vanchiglia à Turin, dans le nord de l’Italie. En quelques heures, le centro sociale autogéré Askatasuna, fondé en 1996, est évacué.

Les autorités ont décidé sa fermeture en raison de son illé­ga­li­té alors que des négo­cia­tions avec la mairie étaient en cours pour régu­la­ri­ser la situation. Au printemps 2026, le quartier était encore sous occu­pa­tion militaire.

Un centro sociale, en Italie, est un lieu occupé sans auto­ri­sa­tion légale : des personnes s’y ins­tallent pour vivre et pour mener des actions sociales et poli­tiques. Askatasuna était un centro sociale emblé­ma­tique. Askatasuna signifie « liberté » en basque, un nom choisi pour reven­di­quer son posi­tion­ne­ment anti­fas­ciste et anar­chiste. « C’était un lieu géré col­lec­ti­ve­ment. On y faisait des repas soli­daires, des activités pour les enfants, du sport, des cours de langue ou encore des concerts à prix acces­sibles, raconte Valeria*, ancienne activiste du lieu. On était impliqué·es dès le début dans les luttes inter­na­tio­nales et anti­fas­cistes : la Palestine, la question kurde, les fémi­nismes… Beaucoup de sujets mar­gi­na­li­sés ont été portés là pendant des années. »

Dans les jours qui suivent l’expulsion d’Askatasuna, des ras­sem­ble­ments de pro­tes­ta­tion ont lieu à Turin. Marqués par des affron­te­ments avec la police, ils se soldent par 100 inter­pel­la­tions, 30 mises en examen et des saisies de matériel. À la fin de janvier 2026, une grande mani­fes­ta­tion de soutien rassemble entre 20 000 et 50 000 personnes dans les rues de la ville, expres­sion d’un ras-le-bol du dur­cis­se­ment policier et d’une oppo­si­tion à la nouvelle loi de « sécurité publique ».

Passée en urgence par décret en avril 2025, puis votée défi­ni­ti­ve­ment par le Parlement en juin 2025, cette loi marque un tournant sécu­ri­taire assumé. Pour Amnesty International, elle porte atteinte à la liberté de réunion et au droit à un procès équitable tout en cri­mi­na­li­sant la soli­da­ri­té. Dans un contexte de remo­bi­li­sa­tion col­lec­tive depuis l’automne 2025, marqué par des grèves natio­nales et des mani­fes­ta­tions de soutien à la Palestine dont l’ampleur ne s’était plus vue depuis les mobi­li­sa­tions contre la guerre en Irak au début des années 2000, cette loi nourrit les craintes d’une dérive auto­ri­taire et d’un recul des libertés publiques. Claudio Novaro, avocat de militant·es d’Askatasuna depuis l’époque des contes­ta­tions NO TAV1Née dans les années 1990 dans le val de Suse (Alpes ita­liennes), cette lutte s’oppose à la construc­tion d’une ligne de train à grande vitesse entre Turin et Lyon., souligne que le parquet italien décrit aujourd’hui les manifestant·es comme « des personnes guidées par un instinct de violence. On retrouve là une catégorie typi­que­ment lom­bro­sienne2Professeur de médecine, Cesare Lombroso (1835–1909) a développé une théorie selon laquelle certain·es individu·es seraient criminel·les « par nature ». Ses thèses ont joué un rôle majeur dans la construc­tion de figures d’« ennemi·es intérieur·es » au sein de l’État italien. du XIXe siècle : celle des “ennemi·es de l’État”. »

Aujourd’hui, l’État italien tend à assimiler toute expres­sion de dissensus à une forme de résis­tance illégale. La critique des autorités devient illé­gi­time et justifie le recours aux violences policière et judi­ciaire. La déso­béis­sance prend ainsi deux signi­fi­ca­tions : pour les citoyen·nes qui s’opposent aux poli­tiques auto­ri­taires, elle relève d’une res­pon­sa­bi­li­té démo­cra­tique ; pour le gou­ver­ne­ment, il s’agit d’un acte portant atteinte à l’unité nationale.

Toute-puissance policière

À Turin, ce processus de cri­mi­na­li­sa­tion s’ap­plique à des actes ponctuels, non coor­don­nés, attribués à une minorité de militant·es. En novembre 2025, une trentaine d’activistes proches d’Askatasuna et de col­lec­tifs étudiants font irruption dans les locaux du quotidien socia­liste La Stampa, dont le trai­te­ment du génocide en Palestine est jugé biaisé et accusé de stig­ma­ti­ser les personnes musul­manes. Les dégra­da­tions sont dénoncées par les autorités. Elles font également polémique au sein du mouvement. Al*3*Le prénom a été modifié., membre du collectif trans­fé­mi­niste Non Una Di Meno, d’assemblées anti­fas­cistes turi­noises et de l’Osservatorio contro i fem­mi­ni­ci­di, critique « l’action spec­ta­cu­laire, désor­ga­ni­sée », qui met en danger les personnes mino­ri­sées, sou­li­gnant que celles-ci « finissent souvent par être tenu·es pour res­pon­sables des actions des autres ». Elle oppose à ce recours à la violence le principe de soin collectif sur lequel se basent les mou­ve­ments transféministes.

Pour Claudio Novaro, l’action à La Stampa a servi de prétexte aux autorités pour attaquer le centro sociale et faire de Turin un labo­ra­toire de gestion « musclée » du conflit social. Les manifestant·es arrêté·es en 2025 ont « été qualifié·es de ter­ro­ristes », une cri­mi­na­li­sa­tion qui s’accompagne d’amendes admi­nis­tra­tives, de rési­dences sur­veillées et même d’arrestations pré­ven­tives. « Le rapport entre la police et les pro­cu­reurs a été com­plè­te­ment inversé : nor­ma­le­ment, c’est le parquet qui mène les enquêtes et la police qui exécute les inves­ti­ga­tions. Là, c’est la police qui sélec­tionne les personnes mises en examen, qui décide des qua­li­fi­ca­tions juri­diques et de ce qu’il faut faire, avant de trans­mettre le dossier au parquet. Le parquet agit désormais comme l’avocat de la police », souligne M. Novaro.

Un cortège d'une manifestation pro-Palestine passe sur un pont à Gênes, en Italie.
Parmi les mou­ve­ments sociaux réprimés en Italie, on compte celui des docker·euses de Gênes, qui empêchent le transit d’armes depuis le port pour résister au génocide en Palestine. Ici, le 22 septembre 2025, des membres de Free Palestine et des ouvrier·es por­tuaires bloquent le port.
Crédit : R. Arata / IPA / Fotogramma / ABACAPRESS

Épicentre urbain du mouvement NO TAV, le centro sociale Askatasuna était depuis longtemps dans le viseur de la droite et de l’extrême droite locales. Les raisons avancées pour justifier son expulsion masquent mal le fait que cette offensive s’inscrit dans une volonté plus large de sur­veiller et de cri­mi­na­li­ser les foyers de déso­béis­sance civile. Comme l’explique la conseillère muni­ci­pale turinoise Alice Ravinale (AVS, coalition politique éco­lo­giste), l’évacuation d’Askatasuna était pré­vi­sible : « Peu de temps après son ins­tal­la­tion, [Matteo] Piantedosi [ministre de l’Intérieur depuis 2022] a demandé aux pré­fec­tures de lui donner le nom de tous les immeubles occupés d’Italie. » L’extrême droite jubile : après le Leoncavallo de Milan, fermé en août 2025, Askatasuna est le deuxième centro sociale de portée nationale à être ver­rouillé par le gou­ver­ne­ment Meloni. Quelques mois plus tard, en avril 2026, c’est un autre centro sociale, le L38 Squat, à Rome, qui est expulsé par les forces de l’ordre.

Al, bien que critique des modes d’action utilisés par certain·es militant·es, insiste sur le rôle essentiel de la déso­béis­sance civile : « C’est notre res­pon­sa­bi­li­té his­to­rique de désobéir au fascisme. » Elle souligne la souf­france de la jeunesse italienne, qui manque d’espaces poli­tiques et ne peut plus « nourrir ses propres idées ». « Les mou­ve­ments sociaux sont en danger car l’État vient saper la jeunesse, l’avenir de nos luttes, et tout espace de dis­sen­sion, y compris les espaces plutôt cen­tristes et modérés. »

« Le rapport entre la police et les pro­cu­reurs a été com­plè­te­ment inversé. Le parquet agit désormais comme l’avocat de la police. »
Claudio Novaro, avocat

Les habitant·es du quartier, quant à elles et eux, remettent les choses en pers­pec­tive. « Lorsqu’il y avait des ini­tia­tives à mettre en place, les membres d’Askatasuna ont toujours été un soutien important, plus que les ins­ti­tu­tions », estime Leonardo, pro­prié­taire d’un magasin. Pendant la pandémie de Covid-19, ajoute-t-il, « les occupant·es rendaient de nombreux services aux habitant·es, notamment aux personnes âgées : elles et ils faisaient les courses pour celles et ceux qui ne pouvaient pas se déplacer et les accom­pa­gnaient pour retirer l’argent de leur retraite ». Pour Marco, libraire, c’était à Askatasuna qu’on pouvait faire les premiers tests de dépistage, dès 2020, et se procurer les masques chi­rur­gi­caux introu­vables dans les phar­ma­cies. Des actions d’aide et de soutien étaient orga­ni­sées avec les écoles du quartier.

Après l’évacuation du centro sociale, les habitant·es ont vu leur quartier com­plè­te­ment mili­ta­ri­sé. Gestionnaire d’un café à quelques minutes du centre-ville, Eleonora se rappelle l’atmosphère des journées durant les­quelles la police s’est installée : « C’était absurde, on se sentait assiégé·es. Les gens ne sortaient pas, effrayé·es par cette présence excessive des forces de l’ordre. On nous demandait nos papiers, on vérifiait notre adresse avant de nous laisser passer. »

Un autre mouvement social emblé­ma­tique a fait l’objet d’une forte répres­sion en Italie ces dernières années : celui des docker·euses de Gênes qui, depuis une décennie, sabotent le transit d’armes via le port de la ville. José Nivoi, leur porte-parole (CALP-USB), a participé à ces actions : « En août et en septembre 2025, nous avons organisé des blocages au port de Gênes en lien avec les luttes inter­na­tio­nales contre le génocide en Palestine », raconte celui qui a également participé à la flottille Global Sumud. Un enga­ge­ment qu’il ancre dans une tradition anti­fas­ciste, anti­mi­li­ta­riste et pacifiste de plusieurs années.

Le contre-pouvoir judiciaire menacé

Le mouvement d’opposition des docker·euses à l’accostage des navires de guerre commence en 2018, explique-t-il, quand la flotte saou­dienne fait escale dans les ports européens pour charger du matériel d’armement pour sa guerre contre le Yémen. Quelques années plus tard, les travailleur·euses por­tuaires sont accusé·es d’association de malfaiteur·ices par le parquet de Gênes : le juge estime que leur enga­ge­ment est avant tout issu d’une activité syndicale et classe l’affaire sans suite en 2023. Depuis, la mili­ta­ri­sa­tion du port et la répres­sion des docker·euses n’ont fait que s’intensifier. Perla Sardella, ensei­gnante, militante et réa­li­sa­trice de Portuali (2024), un docu­men­taire consacré à cette mobi­li­sa­tion, explique ainsi que les travailleur·euses reçoivent régu­liè­re­ment des amendes exor­bi­tantes (payées par le collectif) : « Les blocages que nous avons menés au port pour la Palestine ont été sanc­tion­nés comme une “atteinte au service public”, comme si l’exportation d’armes en était un ! »

Des personnes font voler de grandes bannières arc-en-ciel les lesquelles il est écrit "Pace".
En 2026, la victoire du « non » au réfé­ren­dum sur la justice a marqué la vie politique italienne. C’est la pré­si­dente du Conseil, Giorgia Meloni, accusée de dérive auto­ri­taire par les opposant·es à ce réfé­ren­dum, qui a proposé ce vote. Ici, à Rome, le 18 mars 2026, lors de la cérémonie de clôture de la campagne pour le « non ».
Crédit : Francesco Fotia / AGF via ZUMA Press ABACA

En mars 2026, les Italien·nes ont été invité·es par le gou­ver­ne­ment de Giorgia Meloni à se prononcer par réfé­ren­dum sur son projet de réforme consti­tu­tion­nelle de la magis­tra­ture. Celui-ci visait entre autres à modifier le fonc­tion­ne­ment du Conseil supérieur de la magis­tra­ture et à intro­duire une sépa­ra­tion stricte des carrières entre les magistrat·es du siège (les juges qui rendent les décisions) et les magistrat·es du parquet (les procureur·es qui requièrent l’application de la loi). Bien que présentée comme technique, cette réforme per­met­tait de renforcer le pouvoir de sanction sur les magistrat·es. Dans un pays attaché à une Constitution issue de la résis­tance au fascisme, ses opposant·es y ont vu une attaque de l’indépendance des juges et de l’équilibre des pouvoirs.

Pendant la campagne, les mobi­li­sa­tions sociales à Turin, à Gênes et ailleurs, ont été largement ins­tru­men­ta­li­sées par la droite et l’extrême droite pour alimenter un discours fus­ti­geant une prétendue « culture de l’impunité » qui régnerait au sein des tribunaux. Matteo Salvini, membre de la Ligue du Nord (extrême droite) et ministre des Infrastructures et des Transports, a par exemple dénoncé la décision du tribunal de Turin de ne pas maintenir en détention trois militant·es arrêté·es après les affron­te­ments dans la ville. Le réfé­ren­dum s’est soldé par un cinglant échec pour le gou­ver­ne­ment Meloni : le « non » l’a emporté avec 53,7 % des suffrages. Environ 61 % des 18–34 ans ont voté contre la réforme. Beaucoup y ont vu un signe d’opposition aux dérives répres­sives du gou­ver­ne­ment Meloni.

Le renouveau des mobi­li­sa­tions en Italie rappelle que la déso­béis­sance civile et l’activisme peuvent prendre la forme de coa­li­tions mouvantes, où dif­fé­rents éléments (syndicats, col­lec­tifs éco­lo­gistes ou fémi­nistes, réseaux anti­fas­cistes…) convergent de manière tem­po­raire autour de causes communes. Comme l’écrit la socio­logue et politiste Donatella Della Porta, « la politique contes­ta­taire naît lorsque des personnes ordi­naires, souvent en alliance avec des acteur·ices plus organisé·es, défient les élites, les autorités ou les codes culturels dominants ». Les alliances instables, sans cesse en recom­po­si­tion, sont capables de produire des effets poli­tiques durables : malgré la répres­sion sécu­ri­taire en cours, une contes­ta­tion anti­mi­li­ta­riste et anti­fas­ciste renou­ve­lée réap­pa­raît en Italie et semble avoir de beaux jours devant elle.

La répression des mouvements sociaux, symptôme de la persistance du fascisme

En Italie, fascisme et anti­fas­cisme ont toujours évolué conjoin­te­ment. Après la Seconde Guerre mondiale et la chute de Benito Mussolini, en 1945, le fascisme ne disparaît pas tota­le­ment : dès 1946, une amnistie permet la réin­té­gra­tion d’ancien·nes cadres du régime, tandis que certaines pratiques auto­ri­taires se main­tiennent au sein des ins­ti­tu­tions. À partir des années 1960, les mou­ve­ments ouvriers, étudiants et anti­fas­cistes se mobi­lisent. En réponse, l’extrême droite néo­fas­ciste met en œuvre sa « stratégie de la tension » : attentats et massacres visant à créer
un climat de peur et à justifier le dur­cis­se­ment de la répres­sion étatique. Ces années dites « de plomb » s’achèvent dans les années 1980, mais la lecture sécu­ri­taire du conflit politique perdure.

Les mani­fes­ta­tions contre la réunion du G8 à Gênes en 2001 en consti­tuent un moment clé : les violences poli­cières, qui font un mort et de nombreux blessé·es, deviennent une des formes de répres­sion des mobi­li­sa­tions sociales.

Peu à peu et jusqu’à aujourd’hui, la moindre contes­ta­tion politique est assimilée à une prise de position extré­miste. Cette dynamique s’accompagne d’une cri­mi­na­li­sa­tion crois­sante de la déso­béis­sance civile. Dans les années 2010, le mouvement NO TAV en est un exemple éclatant : sur­veillance renforcée, pour­suites répétées, et accu­sa­tions de ter­ro­risme contre certains militant·es – qui seront fina­le­ment rejetées par la justice.

  • 1
    Née dans les années 1990 dans le val de Suse (Alpes ita­liennes), cette lutte s’oppose à la construc­tion d’une ligne de train à grande vitesse entre Turin et Lyon. ↩︎
  • 2
    Professeur de médecine, Cesare Lombroso (1835–1909) a développé une théorie selon laquelle certain·es individu·es seraient criminel·les « par nature ». Ses thèses ont joué un rôle majeur dans la construc­tion de figures d’« ennemi·es intérieur·es » au sein de l’État italien. ↩︎
  • 3
    *Le prénom a été modifié. ↩︎

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Constant Spina

Auteur et journaliste, il a fondé le média queer Manifesto XXI en 2014 et travaille sur les extrêmes droites et les romantismes queers. Il a publié Manifeste pour une démocratie déviante. Amours queers face au fascisme (2023) et Lettre infinie (2026) aux éditions trouble. Voir tous ses articles

Ludovica Tua

Docteure en sciences de l’information et de la communication, elle enseigne à Aix-Marseille Université. Elle s’intéresse aux usages politiques des images et des récits. Voir tous ses articles

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