Gabriella Papadakis : s’affranchir des carcans

Après une vie sportive pavée de succès autant que de douleurs, la patineuse Gabriella Papadakis, ancienne cham­pionne olympique, porte aujourd’hui un regard sin­gu­liè­re­ment politique sur l’univers de la danse sur glace. Portrait d’une jeune femme qui s’est affran­chie avec déter­mi­na­tion des normes patriar­cales de son milieu.
Publié le 28/04/2026

La patineuse artistique Gabriella Papadakis, une femme blanche brune, pose devant un mur jaune.
Gabriella Papadakis à Montréal, où elle réside doré­na­vant, le 27 février 2026. La patineuse bouscule aujourd’hui l’univers misogyne et binaire de la danse sur glace. Crédit : Laurence Philomène pour La Déferlante

Retrouvez cet article dans la revue La Déferlante n°22 Chanter, parue en mai 2026. Consultez le sommaire

Quand on rencontre Gabriella Papadakis, ce qui frappe au premier regard, c’est la rupture de look avec le per­son­nage public incarné durant sa carrière : les longs cheveux blonds et lisses ont désormais fait place à des boucles brunes qui s’entortillent sur ses épaules. Avant de prendre sa retraite sportive fin 2024, la cham­pionne olympique et quintuple cham­pionne d’Europe et du monde de danse sur glace en duo a longtemps été contrainte de se plier aux diktats d’une dis­ci­pline où l’apparence est un critère déter­mi­nant, véhi­cu­lant une féminité extrê­me­ment codée.

Pendant des années, elle a donc utilisé toutes sortes d’accessoires pour raidir fré­né­ti­que­ment sa chevelure, a passé des heures à se maquiller, même pour un simple entraî­ne­ment sur la patinoire. Le male gaze1Le male gaze, ou « regard masculin », est un concept théorisé en 1975 par la critique de cinéma et réa­li­sa­trice bri­tan­nique Laura Mulvey. Il désigne le regard masculin hété­ro­sexuel qui réifie les femmes dans nombre de pro­duc­tions cultu­relles. était partout : « Ça n’est pas écrit dans les contrats, mais si elles veulent changer de coupe de cheveux, les filles demandent la per­mis­sion à leurs coachs et à leurs par­te­naires. C’est assez ridicule », explique Gabriella Papadakis lors de notre rencontre à Paris, quelques jours avant les Jeux olym­piques d’hiver de Milan-Cortina. « Ça m’a pris longtemps de déve­lop­per un regard sur moi-même qui m’appartenait. Avant, peu importe comment je m’habillais ou me coiffais, en réalité, je ne savais pas ce que je voulais. J’avais tellement intégré le regard des autres… J’étais entraînée à prendre mes décisions en anti­ci­pant les attentes de mon partenaire. »

Dans cet univers de paillettes et de strass, la sexua­li­sa­tion peut prendre des formes par­ti­cu­liè­re­ment com­pli­quées à vivre : quand son costume se dégrafe durant les Jeux d’hiver de PyeongChang en 2018, laissant appa­raître un sein, Gabriella Papadakis et son par­te­naire, Guillaume Cizeron, n’obtiennent qu’une médaille d’argent, alors que le couple faisait figure de favori. Aujourd’hui encore, des inconnu·es accostent Gabriella Papadakis en faisant référence à cet incident, s’octroyant le droit de commenter son apparence à la volée.

Au-delà d’une méta­mor­phose physique, on saisit l’ampleur des chan­ge­ments mis en branle par la jeune femme de 31 ans, pas­sion­née de musique, de théâtre et d’art, pour échapper à un milieu où les injonc­tions se mul­ti­plient jusqu’à l’asphyxie, mettant en péril la santé physique et mentale des sportives. La prise de distance a demandé du temps, forcément.

Un conditionnement précoce à la réussite

Dès son plus jeune âge et jusqu’à l’adolescence, à Clermont-Ferrand, Gabriella Papadakis répète ses figures tous les matins à partir de six heures. C’est sa mère, Catherine, qui l’entraîne. Celle-ci n’a pas fait carrière : il revient donc à sa fille d’atteindre les sommets. Le père, d’origine grecque, déserte rapi­de­ment la cellule familiale, même s’il voit régu­liè­re­ment son enfant.

Petite fille timide, Gabriella a neuf ans lorsqu’elle commence à former un duo avec Guillaume, nouveau venu au club. C’est le match parfait, celui tant espéré pour rêver d’une carrière et de podiums. Inspirée de la danse de salon, la danse sur glace en a conservé les valeurs bour­geoises et genrées : pour disputer les com­pé­ti­tions majeures, les couples se composent impé­ra­ti­ve­ment d’une femme et d’un homme. Or, les athlètes masculins sont une espèce rare : environ 10 % des pratiquant·es seulement. La bonne entente avec leur par­te­naire revêt donc un caractère non négo­ciable pour les jeunes filles, quitte à s’oublier en chemin.

Ainsi, y compris dans une dis­ci­pline en immense majorité pratiquée par des femmes, les hommes demeurent la pierre angulaire de la per­for­mance. Ce sont eux qui donnent le rythme et portent leur par­te­naire – charge à elles de rester légères, tout en déve­lop­pant les capacités mus­cu­laires néces­saires à la pratique d’une dis­ci­pline par­ti­cu­liè­re­ment complète.

Dans ce contexte, déve­lop­per sa confiance en soi n’a rien d’aisé, par­ti­cu­liè­re­ment lorsqu’on vous répète que votre minceur extrême constitue l’un de vos plus précieux atouts : « Il y a un standard de l’ultramaigreur qui est demandé aux pati­neuses dès leur plus jeune âge. C’est normal pour des entraî­neurs de dire à des jeunes filles de 13 ans de faire des régimes, sans aucun enca­dre­ment médical. Je suis l’une des rares à ne pas avoir été touchées par ça parce que je suis natu­rel­le­ment très mince, explique Gabriella Papadakis. Beaucoup de centres d’entraînement pèsent leurs pati­neuses tous les matins. Ça crée de graves troubles ali­men­taires. D’expérience, je dirais que l’on parle de 95 % des concer­nées. » Dans son auto­bio­gra­phie Pour ne pas dis­pa­raître, parue le 15 janvier 2026 aux éditions Robert Laffont, elle dénonce une véritable « culture de l’anorexie » dans le milieu. Et raconte comment elle a elle-même utilisé le rapport toxique à la nour­ri­ture comme moyen de pression sur ses concur­rentes : au début de sa carrière, elle déguste des pizzas sous leurs yeux, afin de désta­bi­li­ser celles qui ont des dif­fi­cul­tés à conserver la sil­houette normée qu’impose la discipline.

« Ça m’a pris longtemps de déve­lop­per un regard sur moi-même qui m’appartenait. »
Gabriella Papadakis

Côté sportif, le duo entre Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron se traduit rapi­de­ment par des succès : à partir de 2009, il commence à évoluer à l’international. En 2013, il arrive deuxième aux cham­pion­nats du monde juniors. À la même période, à 16 ans, Gabriella se cherche, ques­tionne ses limites et sa souf­france, marque son corps en se sca­ri­fiant. Pour enrayer la machine folle dans laquelle sa vie est lancée, elle ingurgite une dose impor­tante de som­ni­fères – une tentative déses­pé­rée d’appel à l’aide, explique-t-elle dans son auto­bio­gra­phie. Mais le calen­drier des com­pé­ti­tions ne tolère aucune modi­fi­ca­tion, sa mère refuse qu’elle s’arrête pour être soignée.

Face au déni de la parole des femmes

Dans son livre témoi­gnage, Gabriella Papadakis raconte plusieurs évé­ne­ments trau­ma­tiques : elle a été violée à deux reprises, d’abord par un ex-compagnon qui l’a droguée à son insu, puis par un entraî­neur bien plus âgé qu’elle (elle ne com­mu­nique pas publi­que­ment les identités de l’un et de l’autre). Elle revient également sur les troubles de mémoire et de concen­tra­tion engendrés par une commotion cérébrale, ainsi que sur un avor­te­ment douloureux.

À la sortie de l’ouvrage, ce sont pourtant les termes concer­nant son ancien par­te­naire sportif qui retiennent l’attention média­tique. Pour parler de sa relation avec Guillaume Cizeron, elle pose le mot d’« emprise », affirme être passée du statut de meilleure amie à « employée », raconte avoir été « ter­ro­ri­sée » à « l’idée de se retrouver seule avec lui », en état de vigilance constante. Plusieurs jour­na­listes se foca­lisent sur ces accu­sa­tions, que le danseur sur glace dément aussitôt par un com­mu­ni­qué faisant part de « [son] incom­pré­hen­sion et [son] désaccord avec les qua­li­fi­ca­tifs qui [lui] sont attribués ». Il estime que l’ouvrage de Gabriella Papadakis contient « des infor­ma­tions fausses », lui prêtant des propos qu’il n’aurait « jamais tenus » et qu’il juge « graves ». D’autres ques­tionnent le timing de sortie du livre, trois semaines avant les Jeux de Milan-Cortina, y voyant une tentative de désta­bi­li­sa­tion alors que Guillaume Cizeron et sa nouvelle par­te­naire font partie des favoris pour l’or olympique.

Deux patineuses blanches en costumes violets et rouges pendant une chorégraphie.
Les cham­pionnes olym­piques de danse sur glace Gabriella Papadakis (à gauche) et Madison Hubbell (à droite) proposent une cho­ré­gra­phie en duo exclu­si­ve­ment féminin, une première mondiale, lors du gala suisse Art on Ice à Zurich, le 6 février 2025.
Crédit : ARND WIEGMANN / AFP

Si on encourage les femmes à parler, cela ne semble jamais pouvoir se faire au détriment des médailles, ou des hommes adulés. Il y a pourtant matière à ques­tion­ner le système, le silence, les soutiens. Depuis 2025, Guillaume Cizeron patine avec Laurence Fournier Beaudry, dont le compagnon et ancien binôme de com­pé­ti­tion Nikolaj Sorensen est accusé d’avoir commis une agression sexuelle en 2012 aux États-Unis2Il n’y a pas eu
de procès en raison de la pres­crip­tion, mais Nikolaj Sorensen a été suspendu six ans par le Bureau du com­mis­saire à l’intégrité dans le sport du Canada. Il a fait appel de cette décision.
. À plusieurs reprises, Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry l’ont assuré de leur soutien publi­que­ment. L’affaire rebondit lors des Jeux à Milan : des médias éta­su­niens inter­rogent leur posture, quand des jour­na­listes et consul­tantes de France Télévisions, diffuseur de la com­pé­ti­tion, préfèrent taire le sujet, le reléguer au rang de « tur­bu­lences » de la « vie extra-sportive3Les termes sont utilisés entre autres dans l’interview du couple Cizeron-Fournier Beaudry, tout juste médaillé d’or, le 11 février 2026 (vidéo dis­po­nible sur le site de France TV). ».

Gabriella Papadakis, elle, ne s’est pas rendue en Italie : la chaîne éta­su­nienne NBC, pour qui elle devait commenter les épreuves, l’a écartée après que Guillaume Cizeron l’a mise en demeure, ainsi que sa maison d’édition, de « cesser la diffusion de propos dif­fa­ma­toires à [son] encontre ».

« Les ins­ti­tu­tions sportives ancrent dans la tête des athlètes un sentiment de loyauté pour éviter d’aller trop loin dans la dénon­cia­tion, la poli­ti­sa­tion, le féminisme. »
Béatrice Barbusse, socio­logue du sport

Loin du règlement de comptes auquel certain·es ont voulu réduire la sortie du livre, Pour ne pas dis­pa­raître raconte la façon dont Gabriella Papadakis a pris conscience des oppres­sions sévissant dans son milieu, grâce notamment au témoi­gnage en 2020 de la patineuse Sarah Abitbol : celle-ci dénonce les viols subis à l’adolescence par son entraî­neur Gilles Beyer4Plusieurs anciennes pati­neuses ont ensuite déclaré avoir été victimes de Gilles Beyer alors qu’elles étaient mineures. Mis en examen en 2021 pour agres­sions et har­cè­le­ment sexuels par personne ayant autorité, l’entraîneur est décédé en 2023, ce qui a entraîné l’extinction de l’action judi­ciaire., l’inertie de la fédé­ra­tion et de son président Didier Gailhaguet, qui ne l’ont pas protégée.

Ces dernières années, la tra­jec­toire de Papadakis se précise, se politise. Un chemin plutôt singulier, selon la socio­logue du sport Béatrice Barbusse, qui constate que les ins­ti­tu­tions sportives éloignent les athlètes de cette démarche. « On ancre dans la tête [des sportives] un sentiment de loyauté pour éviter d’aller trop loin dans la dénon­cia­tion, la poli­ti­sa­tion, le féminisme. Dans ces fédé­ra­tions aux origines socio­his­to­riques marquées, comme la gym­nas­tique, le patinage ou le tennis, les silences font partie d’un système très conser­va­teur, marqué par le patriar­cat. » Les lectures de Papadakis jouent un rôle majeur dans son parcours intel­lec­tuel. « Si elle prend conscience des injonc­tions genrées, ce n’est pas grâce à son milieu familial ou sportif, mais en partie grâce aux autrices fémi­nistes qu’elle cite dans le livre, comme Judith Butler. Elle ne pouvait pas avoir un discours politique tant qu’elle n’avait pas conscience que ce qu’elle vivait était très politique ! », poursuit Béatrice Barbusse.

Au fil des années, Gabriella Papadakis, qui a rendu publique sa bisexua­li­té en 2023 et fréquente les milieux queers et lesbiens, ques­tionne la rigidité de sa dis­ci­pline. Dans le docu­men­taire de TV5 Le Couple de feu (qui suit le couple Papadakis-Cizeron de l’automne 2021 jusqu’à l’obtention de l’or olympique en février 2022), on la voit critiquer les normes genrées qui règnent dans la danse sur glace, l’importance accordée à l’apparence des athlètes féminines, ou le fait que certaines figures leur soient inter­dites. Elle évoque la dépres­sion traversée quelques mois plus tôt, qui l’a tenue éloignée des pati­noires plusieurs semaines. « Défendre une féminité surjouée, exagérée, véhicule de la souf­france quand tu es obligée de jouer un rôle », commente encore Béatrice Barbusse.

Aux Jeux de Pékin, Guillaume Cizeron et Gabriella Papadakis livrent une per­for­mance inspirée du waacking, cette danse née au sein des com­mu­nau­tés queers africaines-étasuniennes et latinas de Los Angeles dans les années 1970. Manière de reven­di­quer, l’un et l’autre, leur identité queer – puisqu’en 2020 Guillaume Cizeron a évoqué ouver­te­ment son homo­sexua­li­té. Impossible pourtant de parler de soli­da­ri­té politique entre les deux par­te­naires : « Dans le sport, si tu es un homme, tu jouis d’une série de pri­vi­lèges et la société t’encourage à prendre pos­ses­sion de la personne avec qui tu patines. Que tu sois hétéro ou homo n’entre pas en jeu, puisque c’est ton statut d’homme qui te les donne, explique désormais Gabriella Papadakis. La misogynie des hommes gays, surtout sur des femmes les­biennes, est un sujet consi­dé­rable dans le milieu queer. »

Bousculer les codes

C’est lorsque Gabriella Papadakis prend sa retraite de la com­pé­ti­tion en décembre 2024 qu’elle peut réel­le­ment s’émanciper. Deux mois plus tard, elle propose lors du gala Art on Ice (spectacle programmé dans plusieurs villes de Suisse) un duo inédit, exclu­si­ve­ment féminin, avec la danseuse Madison Hubbell. Elle donne ainsi vie à ce désir impérieux de bousculer les codes de son sport, car « sans script, il faut tout réin­ven­ter », répète-t-elle.

Aujourd’hui, Gabriella Papadakis a gagné en sérénité. Après avoir souffert durant sa carrière de moments de dis­so­cia­tion où elle n’habitait plus son corps, elle a entamé un long travail avec des psy­cho­logues. À la fin de son livre, elle remercie tout par­ti­cu­liè­re­ment les les­biennes. « À un moment, j’ai réalisé que la plupart de mes potes qui m’ont aidée et accom­pa­gnée en toutes cir­cons­tances sont des les­biennes, des femmes queers. J’ai un peu l’impression d’avoir une armée de les­biennes pour me protéger !, dit-elle en riant. Celles que je fréquente ont vraiment réfléchi leur vie de manière féministe, ont décons­truit le regard masculin et sont habitées d’un dynamisme que j’admire. » Aujourd’hui, Gabriella Papadakis est caté­go­rique : s’entourer de personnes bien­veillantes s’est révélé être un chan­ge­ment salvateur pour mieux vivre sa vie.

Les grandes dates

1995

Naissance de Gabriella Papadakis à Clermont-Ferrand (Auvergne-Rhône-Alpes).

2004

Formation du couple de danse sur glace avec le patineur Guillaume Cizeron.

2015

Le couple Cizeron-Papadakis sacré champion du monde de danse sur glace à Shanghai (Chine).

2022

Le couple Cizeron-Papadakis médaillé d’or aux Jeux olym­piques de Pékin.

2023

Gabriella Papadakis évoque sa bisexua­li­té sur Instagram.

2024

Gabriella Papadakis annonce la fin de sa carrière sportive professionnelle.

2025

Performance en duo avec la danseuse sur glace Madison Hubbell.

2026

Sortie de son auto­bio­gra­phie Pour ne pas dis­pa­raître.

  • 1
    Le male gaze, ou « regard masculin », est un concept théorisé en 1975 par la critique de cinéma et réa­li­sa­trice bri­tan­nique Laura Mulvey. Il désigne le regard masculin hété­ro­sexuel qui réifie les femmes dans nombre de pro­duc­tions cultu­relles. ↩︎
  • 2
    Il n’y a pas eu
    de procès en raison de la pres­crip­tion, mais Nikolaj Sorensen a été suspendu six ans par le Bureau du com­mis­saire à l’intégrité dans le sport du Canada. Il a fait appel de cette décision. ↩︎
  • 3
    Les termes sont utilisés entre autres dans l’interview du couple Cizeron-Fournier Beaudry, tout juste médaillé d’or, le 11 février 2026 (vidéo dis­po­nible sur le site de France TV). ↩︎
  • 4
    Plusieurs anciennes pati­neuses ont ensuite déclaré avoir été victimes de Gilles Beyer alors qu’elles étaient mineures. Mis en examen en 2021 pour agres­sions et har­cè­le­ment sexuels par personne ayant autorité, l’entraîneur est décédé en 2023, ce qui a entraîné l’extinction de l’action judi­ciaire. ↩︎
Mejdaline Mhiri

Journaliste sportive, elle est rédactrice en chef du magazine Les Sportives, et collabore avec différents médias dont L’Humanité et Eurosport. En 2021, elle a co-fondé l’association des Femmes Journalistes de Sport (FJS) avec Laurie Delhostal et quatre autres consoeurs. Voir tous ses articles

Chanter, un hymne à la résistance

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