* Les prénoms suivis d’une astérisque ont été modifiés. Lire l’encadré à la fin de l’article.
Ce samedi de janvier 2026 à Strasbourg, sur la place Kléber, des manifestant·es scandent des slogans contre le régime iranien : « Ni mollah ni shah », « Khamenei, assassin ». À la fin de 2025 puis au début de 2026, des manifestations massives ont eu lieu en Iran contre la crise économique et le régime islamique.
Elles ont été réprimées très violemment (lire l’encadré à la fin de l’article). Un peu à l’écart du rassemblement, une silhouette, capuche et écharpe, observe avec hésitation les manifestant·es. Leila* est iranienne. Elle n’a plus participé aux rassemblements depuis l’automne 2022, début des mobilisations du mouvement Femme, vie, liberté. Comme tous·tes, elle est inquiète des représailles contre sa famille au pays. Mais, pour la trentenaire, il y a surtout un souvenir traumatisant : elle raconte avoir rencontré au sein du collectif de lutte strasbourgeois l’homme qu’elle accuse de l’avoir violée. Si Leila hésite à rejoindre les manifestant·es ce jour-là, c’est parce que la plainte pour viol qu’elle a déposée a été classée sans suite. Leila a été suivie jusqu’en décembre 2025 par une association d’aide aux victimes.
« Il se posait en protecteur »
Le 16 septembre 2022, Zhina Mahsa Amini, une jeune Kurde iranienne arrêtée à Téhéran par la police des mœurs pour un voile mal ajusté, succombe aux tortures des forces de l’ordre. Cette mort choque en Iran, et déclenche des manifestations en cascade. À Strasbourg, où la communauté iranienne compte près de 5 000 personnes, un collectif se crée de façon informelle.
Le noyau est composé de six femmes et cinq hommes. L’un d’eux propose de faire de son appartement le quartier général de cette mobilisation : « Il a assez vite voulu prendre le lead, tout devait se passer chez lui, c’est là que se faisaient les réunions, les affiches, que l’on gardait le matériel, etc. », se souvient Shirine*, membre du collectif. Cet homme est iranien, s’appelle Sina Parvaneh, et a trouvé l’asile en France depuis quelques années. Il a 31 ans au moment des faits. C’est un acteur en vue : il vient de jouer dans Les Nuits de Mashhad, du réalisateur danois d’origine iranienne Ali Abbasi, présenté au Festival de Cannes en mai 2022.
Sina Parvaneh est également membre d’une association culturelle iranienne bien implantée à Strasbourg, Strass’Iran. Elle a été créée en 2009 par Afshaneh C.1Elle n’a pas souhaité que son nom de famille soit mentionné, agente d’acteur·ices et réalisatrice, et son mari, Syamak Agha Babaei. Quand celui-ci est nommé premier adjoint au maire en 2020 après la victoire de la liste écologiste et citoyenne aux élections municipales de Strasbourg, il se retire du conseil collégial de l’association et n’en fait plus partie depuis.
En septembre 2022, plusieurs membres de l’association Strass’Iran intègrent le collectif féministe Femme, vie, liberté. Leila, qui se rapproche de Sina Parvaneh au cours de ces semaines, se souvient : « Il se posait en protecteur, m’a fait croire qu’il était une personne de confiance. » La jeune femme se sent d’autant plus en sécurité que leur lutte prône l’égalité femmes-hommes, le rejet des discriminations et des violences de genre.
Selon Leila, le 18 novembre 2022, l’acteur lui propose de venir chez lui dans l’après-midi récupérer les affaires du collectif. La jeune femme décrit : « J’y vais, mais je ne me sens pas bien. J’ai mes règles ce jour-là et j’ai très mal au ventre. J’accepte une boisson chaude qu’il me propose. Je ne sais pas s’il m’a droguée, mais je ne me sens pas dans mon état normal, je suis très fatiguée. Alors qu’il parle au téléphone, il me fait signe de m’allonger. » La jeune femme raconte qu’elle est ensuite réveillée, après un temps indéterminé, par Sina Parvaneh, qui se serait allongé sur elle, lui aurait imposé des attouchements après l’avoir déshabillée, malgré l’insistance de la jeune femme à lui rappeler qu’elle, comme lui, est en couple et qu’elle a ses règles. Agacé, se souvient-elle, il serait allé chercher une serviette dans la salle de bain pour la poser sous elle. Selon elle, il est alors totalement nu, la retourne et lui impose un rapport sexuel anal sans préservatif avec une grande violence, tout en l’insultant. Dans sa plainte, à laquelle La Déferlante a eu accès, elle détaille : « Pendant le rapport, je n’arrivais plus à bouger, j’étais tétanisée, j’étais tendue et contractée, car je ne voulais pas avoir de relations sexuelles. »
Leila est sous le choc. Elle remarque que la serviette est pleine de sang, ce que Sina Parvaneh lui aurait reproché. La jeune femme prend une douche, rentre chez elle, où elle se lave à nouveau. Encore aujourd’hui, elle a du mal à mettre des mots sur ce qui lui est arrivé : « Il m’a persuadée que je l’avais voulu. Cela m’a fait beaucoup me détester, je me dégoûtais. »
« Lorsque l’abus est commis par un camarade de lutte, il faudra souvent faire le deuil d’une croyance, d’une relation et d’une confiance en l’autre. »
Frédérique Riedlin, psychologue
Elle ne consulte pas de médecin. N’en parle pas le jour même, alors qu’elle reçoit des membres du collectif chez elle pour une fête. Quelques jours plus tard, Sina Parvaneh lui aurait proposé de repasser chez lui. Selon elle, l’acteur lui aurait reproché un rapport déplaisant, gêné par ses règles. « Je me suis sentie tellement mal et peut-être que je me disais qu’il était là pour moi, qu’il n’avait pas fait exprès. » Elle raconte que, ce jour-là, Sina Parvaneh lui impose un autre rapport, dont sa plainte fait également état.
Plus de trois ans après, Leila s’interroge encore. Pourquoi est-elle, ce jour-là, retournée chez l’homme qu’elle accuse de viol ? « Je ne comprends pas comment moi, qui ai beaucoup de caractère, je me suis laissé manipuler ». Anne-Sophie Gavriloff, porte-parole de la fédération nationale France Victimes, analyse ce comportement : « La victime a tendance à minimiser ce qui lui est arrivé. Dans 50 % des cas, elle connaît son agresseur. Aller porter plainte, cela signifie faire exploser une famille, un collectif. »
Contacté par La Déferlante, Sina Parvaneh rappelle par le truchement de son avocate, Charlotte Barby, le classement sans suite de la plainte de Leila et fait répondre qu’il ne fera aucune déclaration.
« J’ai crié : “Je veux que ça s’arrête” »
À la fin de novembre 2022, le collectif se réunit de nouveau. Ce soir-là, elles sont quatre femmes à se retrouver : Leila, Nariman* de l’association Strass’Iran, Nasrin, et Raha, une autre jeune étudiante iranienne, arrivée à Strasbourg en 2020. Le comité se retrouve chez cette dernière, dans sa chambre étudiante. Au cours de la soirée, Leila leur raconte tout : les deux rapports sexuels (sans dire le mot « viol »), la violence de Sina Parvaneh, le sang sur le lit, le rapport anal forcé. Elle pleure, mais, par moments, elle rit aussi. Face à elle, Raha, 29 ans, fond en larmes, et confie, à demi-mot : « Beaucoup de choses que tu as eues avec Sina, je l’ai vécu aussi. » Elle non plus n’utilise pas le mot « viol ». Pas encore.
Ce même soir, Raha appelle son ami Arash, devenu depuis son petit ami. Le jeune homme se souvient de cet appel : « C’est à ce moment-là que Raha a commencé à réaliser ce qui s’était passé pour elle, et à comprendre que leurs histoires étaient similaires. »
Pour Raha, tout commence en 2021, lorsqu’elle fait la connaissance de Sina Parvaneh. À l’époque, ils échangent quelques messages sur Facebook. En juin 2022, la jeune femme rentre en Iran plusieurs semaines pour être auprès de sa mère, malade. « J’ai posté une photo de ma mère, il a commenté, il était très gentil. J’étais fragile et vulnérable », analyse aujourd’hui Raha. Se met alors en place une relation à distance.
En juillet 2022, Raha rentre à Strasbourg. Sina Parvaneh veut la voir. « Je me disais qu’il fallait quand même qu’on fasse un vrai date, il m’a proposé de venir boire un café chez lui. » Elle se rend chez l’acteur en toute confiance. « Dès que j’ai ouvert la porte, il m’a poussée contre le mur en me prenant très fort par le cou, puis il m’a jetée sur son lit, qui est juste à côté de l’entrée. Là, il a enlevé ma robe, m’a mise sur le ventre. J’ai pleuré, j’ai crié : “Je veux que ça s’arrête.” Il ne disait rien, et se regardait dans le miroir qui est à côté de son lit. »
La jeune femme, fébrile, raconte un rapport sexuel forcé, empreint de violences. Selon elle, Sina Parvaneh lui aurait serré violemment la mâchoire, pendant qu’il la violait. Elle raconte que, une fois l’acte fini, l’acteur l’en aurait rendue responsable : « Il m’a dit que c’était moi qui lui avais donné l’impression que j’aimais ces choses-là, et que, finalement, il était déçu parce que je n’étais pas assez cool pour lui. »
Le soir même, Raha envoie des messages à Sina Parvaneh, que nous avons pu consulter :
« Je commence à avoir mal à la mâchoire.
– Pourquoi ta mâchoire te fait-elle mal ? demande
l’acteur.
– Eh bien ! parce que tu l’as serrée très fort, ta main
est très lourde. »
Ce dernier message reste sans réponse.
Sina Parvaneh a refusé de s’exprimer et de répondre à nos questions concernant Raha également. Par la voix de son avocate, il affirme qu’une seule plainte a été déposée contre lui, celle de Leila, et qu’il n’a pas connaissance d’autres faits lui étant reprochés. Selon Nariman, dont il est proche, Sina Parvaneh a toujours nié toute relation sexuelle avec Raha et Leila. Il lui aurait assuré, au contraire, avoir repoussé les avances de ces deux femmes, captures d’écran à l’appui. La Déferlante n’a pas pu les consulter.
Raha, elle, raconte une tout autre version. Elle parle d’une relation d’emprise, d’« une cage en métal » forgée de sentiments confus, où elle subissait la violence de Sina Parvaneh. Un soir, peu après le premier viol qu’elle dénonce, elle parle à son ami Arash. « Elle m’a raconté qu’il l’avait frappée au visage, et jetée sur le lit. Mais elle disait aussi : “Je dois coucher avec lui, pour qu’il ne pense pas que je suis une femme faible.” » Une phrase caractéristique d’une situation d’emprise.
Quelques jours après le premier rapport sexuel forcé relaté par Raha, la jeune femme retourne chez Sina Parvaneh. Elle y aurait subi de nouveau une relation sexuelle contrainte, d’après le récit qu’elle fait aujourd’hui. « Il était violent, j’essayais de contrôler mes douleurs, je n’ai pas crié cette fois-ci », murmure la jeune femme. Après ce deuxième viol qu’elle décrit, Raha décide de rompre. « Ce jour-là, j’ai compris qu’il était vraiment malade, il voulait juste que ce soit violent. »
La parole des victimes mise en cause
Dès le mois d’octobre 2022, l’étudiante raconte à certaines femmes du collectif Femmes, vie, liberté ce que lui a fait subir Sina Parvaneh. Son récit est constant. La Déferlante a pu s’entretenir avec quatre femmes différentes qui ont toutes rapporté la même version, identique à celle de Raha.
Mais parmi ces confidentes, certaines n’y croient pas. Lors de la soirée de la fin novembre 2022, où Leila se livre face à Raha, qui compatit, les deux autres témoins, Nariman et Nasrin, deux femmes plus âgées, sont plus réservées. Elles semblent d’abord surprises – voire choquées – par la teneur des propos de Leila, qui décrit précisément l’acte sexuel. « Des détails que je n’oserais jamais vous donner », confie Nariman, membre influente de Strass’Iran, âgée d’une cinquantaine d’années. Mais elle assure : « Jamais, ni l’une ni l’autre n’ont utilisé le mot “viol”. » Son amie Nasrin met également le récit de Leila en question : « J’ai connu en Iran des femmes qui ont été agressées, violées. Ce soir-là, Leila n’avait pas l’air d’avoir vécu une agression sexuelle. »
C’est alors que la machine s’enclenche. Au sein du collectif Femmes, vie, liberté et de l’association Strass’Iran, la parole de Leila est très vite décrédibilisée. Certain·es la traitent de « menteuse », de « folle », et pointent du doigt sa façon de s’habiller, son comportement jugé trop aguicheur avec certains hommes. Nariman affirme aujourd’hui que « Leila voulait entrer dans le monde du cinéma. Elle était contente d’avoir rencontré Sina, qui avait un pied dedans, mais elle n’est pas arrivée à ses fins. Donc elle l’a accusé de viol, parce qu’il l’a rejetée. » Raha aussi voit son récit discrédité par ces deux femmes. L’une lui reproche de « changer tout le temps de version », de rester proche de Sina Parvaneh et de « s’habiller avec des paillettes et des robes » lors des soirées du collectif. Des paroles empreintes de jugements conservateurs et patriarcaux qui révèlent une méconnaissance des comportements des victimes de violences sexuelles.
Finalement, la plainte de Leila est classée le 30 janvier 2023 au motif d’une « infraction insuffisamment caractérisée », selon le parquet de Strasbourg, contacté par La Déferlante. « C’est malheureusement classique, dans les affaires de viol », commente l’avocate de Leila, Claire Fauvet, qui raconte que sa cliente avait dû revenir au commissariat plusieurs fois afin que sa plainte soit prise en compte. Enfin, argument massue brandi par celles qui disqualifient la parole des victimes : Raha n’a pas porté plainte. Et lorsque Leila ose pousser la porte du commissariat de Strasbourg, le 10 janvier 2023, et qu’elle donne le numéro de Raha aux enquêteurs pour signaler qu’il existe une autre victime, cette dernière n’ose pas aller au commissariat. « Je n’étais pas prête, j’ai eu très peur. Leila ne m’avait pas prévenue de cet appel, j’ai paniqué », souffle la jeune femme, qui semble regretter : « Quand le policier m’a posé des questions au téléphone, je n’ai pas voulu dire le mot “viol”, mais j’ai dit “manipulation”, “abus sexuel” et qu’il était hyper violent. » Aujourd’hui encore, la jeune femme a du mal à prononcer le mot « viol ».
Une difficulté qui n’étonne pas Frédérique Riedlin, docteure en psychologie et psychanalyste, qui accompagne des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles et de violences conjugales : « Il faut du temps après avoir subi un viol pour réaliser et qualifier ce qu’il représente. Comme dans toute situation traumatogène, il y a là un impensable. De l’extérieur, cela peut paraître évident que c’est un viol, mais, pour la victime, il y a un travail à faire sur le sens à donner à cet acte, au regard de tout ce qui était engagé dans la relation. » La psychologue ajoute : « Dans un cadre militant, lorsque l’abus est commis par un camarade de lutte, comment penser cette contradiction entre le passage à l’acte et la cause commune ? Il faudra souvent faire le deuil d’une croyance, d’une relation et d’une confiance en l’autre, et cela aussi peut être un frein. »
Du côté de l’homme accusé de viol, les soutiens se mobilisent. Au moment de l’enquête, son agente, Afshaneh C., aurait appelé Shirine, qui soutient les deux victimes. La militante raconte : « Afsaneh m’a assuré que Sina Parvaneh était incapable de violences et de viol, et qu’il avait une copine fixe. » Des propos démentis par la réalisatrice et agente, qui affirme s’être éloignée de l’acteur depuis cette affaire, à laquelle elle « n’a pas voulu se mêler ». Son mari, l’élu municipal Syamak Agha Babaei, quant à lui, conteste être un ami proche de Sina Parvaneh. Pourtant, selon plusieurs témoins rencontrés par La Déferlante, l’acteur invoque régulièrement les liens privilégiés qu’il entretient avec le couple formé par l’agente de cinéma et le premier adjoint à la maire de Strasbourg, redevenu simple conseiller municipal depuis les élections de mars dernier.
Vivre avec le traumatisme
Interrogé par La Déferlante sur sa connaissance des faits, Syamak Agha Babaei affirme avoir été prévenu par « une militante féministe » en des termes vagues et sans qu’aucun nom ne lui soit communiqué. « La ville n’a pas été pas dûment informée », souligne-t-il. Il évoque le climat préélectoral de ce début d’année : « Je récuse le déshonneur par association, d’être tenu pour responsable alors que je ne suis pas proche de la personne accusée. J’ai l’impression qu’il y a une très belle histoire à écrire autour de ça », dénonce-t-il.
La féministe qui l’alerte en février 2023, elle, n’a pas la même version de leur conversation. Carole Santamaria, militante du Piquet féministe, un collectif strasbourgeois contre les violences sexuelles et sexistes, se souvient : « À l’époque, j’accordais à M. Agha Babaei le fait que ce soit compliqué d’admettre qu’un de ses proches soit un agresseur, mais, au cours de cet échange, il a mis en avant que la plainte avait été classée sans suite et a décrédibilisé la victime en parlant de harcèlement envers son ami. » La militante – devenue conseillère municipale dans la dernière année du mandat écologiste – se souvient également que l’élu n’a pas contesté ses liens d’amitié avec l’acteur accusé de viol : « Il m’a dit qu’il s’engageait à ne plus le voir en public. » Syamak Agha Babaei nie fermement avoir tenu ces propos.
Près de quatre ans ont passé depuis les faits que Raha et Leila ont dénoncés. À l’heure où nous écrivons ces lignes, Raha envisage de porter plainte, mais ne se sent pas encore prête. Les deux jeunes femmes tentent d’avancer dans leur parcours professionnel et sentimental. Inscrite en doctorat, Raha est fière aujourd’hui d’avoir réussi à poursuivre ses études. Mais, souvent, les violences qu’elles disent avoir subies leur reviennent de plein fouet. « À l’automne 2024, quand j’ai vu la bande-annonce de Lire Lolita à Téhéran, où Sina Parvaneh a un rôle, ça m’a fait exploser le cerveau, raconte Leila. Je me suis dit : “Lui, il vit sa vie tranquille, alors que nous…” Les femmes qui jouent avec lui sont des actrices engagées et féministes, et, à leurs côtés, il y a un violeur, qui participe à un système qu’elles dénoncent. »
Une enquête menée dans un climat de répression et de menaces
Commencée à l’été 2025, cette enquête fut particulièrement difficile à mener, en particulier à partir du début de 2026, en raison de la répression des manifestations par le régime iranien. Ce contexte, encore aggravé depuis la guerre déclenchée par les États-Unis contre l’Iran à la fin de février, a provoqué de la peur parmi les membres de la diaspora iranienne opposé·es au régime, qui craignent pour leurs proches au pays.
Toutes les personnes contactées ont, dans un premier temps, été très méfiantes – certaines ont refusé de nous parler – et mis en doute notre calendrier de publication. Nous avons donc décidé d’anonymiser tous·tes nos interlocuteur·ices, à l’exception de celles et ceux ayant des postes de responsabilité. Par ailleurs, les proches de Sina Parvaneh que nous avons contacté·es ont tous·tes reçu le même message anonyme de menace sur Instagram. Elles et ils nous ont dit avoir porté plainte, et ont fait un lien avec notre enquête, accusant nos autres sources d’être à l’origine de ces menaces. Nous avons nous-mêmes signalé au procureur de la République une suspicion d’attaque informatique de nos boîtes mail.
Après les messages de menaces, nous avons hésité à plusieurs reprises avant de poursuivre. Nous avons finalement décidé de porter les récits de Leila et de Raha, elles-mêmes ayant été victimes alors qu’elles étaient engagées contre la violence du régime iranien.
Enfin, nos demandes d’entretien répétées avec Sina Parvaneh ayant été rejetées, nous n’avons pas pu recueillir ses explications sur les faits qui lui sont reprochés, et avons choisi d’utiliser le conditionnel, ce qui ne remet pas en cause la parole des victimes.
Actualisation de l’article le 13 mai 2026 avec l’anonymisation du nom de famille d’Afshaneh C.



